Szabó Miklós szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 65. (Budapest, 1985)

SULLIVAN, EDWARD J.: Une peinture de Juan Antonio Escalante a Budapest

Christianisme lié à un arbre peu après avoir reçu des flèches. Il est penché dans un contrapposto exagéré, la tête inclinée à droite, laissant ruisseler son abon­dante chevelure châtain vers le paysage dans le lointain. Il ne porte qu'un pagne. Par terre ,sous lui, se trouvent trois flèches, une épée et un carquois. Au dessus du carquois se trouve un bouclier et, au dessus de ce bouclier, incliné contre un rocher, un casque orné d'une plume. Ces objets sont bien sûr ceux de Sébastien car, selon la légende, il était capitaine de la garde de l'empereur romain et vivait au palais de Dioclétien. Quand sa foi chrétienne fut découverte il fut condamné à mourir par les flèches. Cependant les flèches ne le tuèrent pas, et il fut soigné par la veuve chrétienne, Irène. De retour au palais de l'empereur, il reprocha à Dioclétien de persécuter les chrétiens. Sébastien fut alors lapidé à mort et son corps jeté dans un égout. Il fut enseveli par la suite dans un site romain dénommé „Ad Catacumbas" (donnant le nom de „Catacombes" au vaste réseau de chambres funéraires souterraines sous le sol romain) et une église qui lui fut consacrée (toujours présente) fut construite à cet endroit. Cette peinture possède une richesse subtile en couleurs extraordinaire. Les tons de base dominants sont le mauve, le brun et le jaune. Le paysage est peint d'une façon extrêmement riche avec un mélange imaginatif de ces couleurs. La plume du casque du saint comprend un mélange de bleu, de gris et de blanc. La peinture est étalée en couche fine sur la toile (qui est en excellent état de conservation) et la couche de base de bol rouge apparaît à de nombreux endroits, ajoutant sa chaleur aux autres tons de la peinture. Cette oeuvre, d'assez grandes dimensions (163X101 cm.), appartenait, tout comme de nombreuses peintures de Budapest, à la collection Edmund Burke de Londres, et fut ensuite acquise par la famille Esterházy. Les opinions sont divisées quant à l'auteur de cette peinture. Dès 1869, cette oeuvre fut attribuée au peintre de Valence, Jerónimo Jacinto de Espinosa. 8 Il en fut ainsi jusqu'en 1908 où A. L. Mayer suggéra qu'elle était l'oeuvre de l'Ecole de Madrid, sans doute de Juan Martin Cabezalero. 9 En 1958 J. A. Gaya Nuno la publia à nouveau comme oeuvre d' Espinosa; 10 mais elle fut cataloguée par A. Pigler en 1968 sans attribution particulière. 11 Il dit simplement que c'est une peinture espagnole de la seconde moitié du 17 e siècle. Il est très net que cette peinture n'a pas été produite par Jerónimo Jacinto de Espinosa. Espinosa (1600—1667) naquit à Valladolid mais partit pour Valence avec sa famille alors qu'il était très jeune. Là, il développa un style proche de celui de Francisco Ribalta et de Francisco de Zurbarán. 12 Espinosa emprunta un ténébrisme dramatique à ces deux artistes tout en adoptant la qualité sculp­turale de la plupart des sujets de Zurbarán. Les couleurs des peintures d' Espi­nosa sont opaques par l'emploi de tons locaux forts et sans mélanges, au con­traire des couleurs douces et variées que l'on peut observer sur le Saint Sébastien de Budapest. 8 Mundler, O., „Schätzungsliste von Otto Mundler über die Bestände der Ester­házy-Galerie," publié dans Az Országos Magyar Szépművészeti Múzeum állagai, I. rész, Budapest 1909, pages 3—40. 9 Mayer, A. L., „Die spanischen Gemälde im Museum der schönen Künste zu Budapest," Monatshefte für Kunstwissenschaft, 1 (1908) page 522. 10 Gaya Nuno, J. A,, La pintura espanola fuera de Espana, Madrid 1958, page 142, numéro 690. 11 Pigler, A., Katalog der Galerie alter Meister, I, Tübingen 1968, page 657 n° 758. 12 Sur Espinosa voir Pérez-Sánchez, A. E., Jerónimo Jacinto de Espinosa, Madrid 1972.

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