Szabó Miklós szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 65. (Budapest, 1985)

SULLIVAN, EDWARD J.: Une peinture de Juan Antonio Escalante a Budapest

Il est encore plus difficile de justifier l'attribution de cette peinture à Juan Martin Cabezalero (1633—1673), élève de Carreno de Miranda et membre du groupe de peintres de Madrid. Son oeuvre principale qui est une série de peintu­res de scènes de la Passion pour la chapelle du Venerable Orden Tercera de Madrid, révèle une approche passablement sèche en aucun cas similaire à la qualité douce et presque liquide des coloris et de la pose du saint dans la pein­ture de Budapest. Cependant, il faut admettre que pour ceux qui ne connaissent l'art d'Escalante que par son Immaculée Conception de 1663, attribuer à cet artiste Saint Sébastien peut paraître osé. Toutefois, si on compare cette peinture avec d'autres oeuvres de cet artiste, cette attribution peut être raisonnablement établie, comme nous le verrons. Tout comme beaucoup d'autres artistes de la fin du Baroque à Madrid, Escalante naquit ailleurs et mourut jeune. Antonio Palomino, son premier bio­graphe, mentionne sa naissance à Cordoue où il reçut ses premières leçons d'art. 13 Il fut baptisé dans sa ville natale le 13 novembre 1633, fils d'Alfonso de Fonseca et de Francisca Escalante. J. Rogelio Buendia pense que sa formation initiale a dû se faire dans l'atelier d'Antonio del Castillo, un des rares peintres de renom à Cordoue au 17 e siècle. 14 Castillo continua à peindre des clair obscurs quelque peu zurbaranesques. Toutefois, il ne semble rien rester dans l'oeuvre d'Escalante suggérant la possibilité de cette inspiration première. Cependant sa première oeuvre, à présent perdue, un Saint Gérard fait pour les carmélites déchaussées à Madrid peut en effet avoir conservé quelque chose de ce style. Ce qui est beaucoup plus certain est la formation du tout début d'Escalante à Madrid auprès de Francisco Rizi. Escalante a dû se rendre (peu après son arrivée à Madrid aux environs de 1652—1653) à l'atelier de Rizi. C'est à peu près à cette époque que Rizi commença à travailler pour la cour (il fut nommé „pintor del rey" en 1656). Cette association revêtait une importance particulière pour ses élèves car elle leur permettait d'accéder à la collection de peintures de l'Alcázar (Palais Royal). Palomino insiste sur la grande influence exercée sur le jeune Escalante par les travaux de Veronese et de Tintoret. Bien qu'aucune copie de leurs travaux faite par lui n'ait survécu, il est pratiquement certain qu'il aurait passé de nombreuses heures à étudier et à dessiner leurs oeuvres. Parmi ses premières peintures connues il en est deux qui reflètent la connaissance particulière d'Escalante des poses quelque peu maniérées, presque exagérées, que l'on trouve parfois chez les Italiens qu'il admirait tant, et aussi sa sensibilité à leurs coloris. Ce sont Saint Antoine de Padoue dans une collec­tion privée à Madrid et Sainte Catherine d'Alexandrie soumettant l'empereur Maxence dans l'église de Santos Justo y Pastor (aussi nommée ,,Las Maravillas") à Madrid (fig. 25). Ces deux oeuvres, qui datent d'environ 1660, ont plusieurs points communs avec la peinture de Saint Sébastien. L'Immaculée Conception de Budapest, datée et signée, représente un point décisif dans l'oeuvre d'Escalante. Sa palette semble devenir nettement plus lumineuse et certains de ses sujets, comme la Vierge, dérivent davantage de l'influence flamande que de l'art italien. Dans son étude sur l'Ecole de Madrid, A. Beruete y Moret cite l'exemple de la Vierge comme inspirée à Escalante par 13 Palomino, A., El museo pictorico y escala optica, Madrid, 1724, édition moderne, Madrid 1947, page 966. 14 Buendia, „Sobre Escalante," page 36.

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