Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 56-57. (Budapest, 1981)
POGÁNY-BALÁS, EDIT: Remarques sur une peinture de Lodovico Dondo: réplique de la Cene de Leonard de Vinci
de la peinture murale où précisément ces caractéristiques ne s'observent pas assez exactement. A ce propos je vais examiner quelques problèmes que présentent les caractéristiques des têtes de Judas, de Barthélémy et de Jacques. A propos du dessin de Léonard conservé dans la collection de Windsor et représentant l'apôtre Barthélémy (fig. 41) 12 déjà plusieurs chercheurs ont constaté son caractère classique, du genre des portraits d'empereurs romains. A mon avis, on y voit clairement les caractéristiques du profil de la colossale tête en bronze de Constantin à Rome (fig. 40). Ces caractéristiques apparaissent aussi sur quelques autres dessins de Léonard. Cependant, sur la peinture murale, vu les défectuosités du mur, le contour du nez de ce profil n'est pas assez net, et nombreuses copies le reproduisent en concave. Ce fait démontre aussi que l'état de la peinture murale, qui commença très tôt à se détériorer, changea souvent, et que tous les copistes ou tous les maîtres qui en exécutaient des répliques, n'ont pas étudié à fond et dans l'original cette oeuvre. Sur place, on perçoit bien ces caractéristiques malgré les couleurs par endroits effacées, mais le mur a quandmême bien gardé le caractère des formes mais que l'on ne peut découvrir que sur place, et cela devait être ainsi depuis longtemps. C'est le cas par exemple du nez saillant de l'apôtre Barthélémy (fig. 42—43). Partant des confrontations, l'oeuvre de Dondo montre qu'en dehors de l'oeuvre de Monsignori, il devait étudier dans l'original la peinture murale de Léonard, puisque ce détail aussi est peint d'après des observations approfondies sur place. Cela montre en outre que les dessins de Léonard conservés à Windsor reflètent en substance ces conceptions originales. Une autre caractéristique importante chez Dondo est la manière de placer parmi les personnages la tête de Judas. I:i Je suis d'avis que cette tête qui, sur la peinture murale, est peut-être le moins conforme au dessin, aux formes originales, a été conçue partant du souvenir de la tête de marbre de Constantin à Rome. Le tracé du profil de Judas de la collection de Windsor en est également une preuve. Une anecdote raconte que Léonard a longtemps cherché, sans trouver, dans la population de la ville un modèle convenable pour Judas, et voulait peindre la tête du prieur impatient, comme il l'a dit à Moro. Cela montre également que Léonard cherchait' parmi les modèles vivants quelqu'un qui corresponde exactement à ses conceptions. Quant à ses conceptions, il avait l'intention de les réaliser surtout conformément à ses idéaux, aux sculptures antiques romaines. La tête de Judas, sur le dessin de Windsor, présente, elle aussi, un profil perdu typique, mais sur la peinture murale ce n'est pas le cas. La position assise de Judas — comme l'apôtre Pierre l'a un peu poussé en avant de sorte qu'il ressort un peu de la ligne horizontale — demanderait également que sa tête, regardant le Christ, soit représentée en profil un peu tourné. La 12 Léonard de Vinci: Esquisse à la tête de Barthélémy, sanguine, Windsor, N° 12584; Barthélémy est représenté au nez saillant sur les copies suivantes: fresque Castellazzo près de Milan, 1514, donc à une date où Léonard était encore à Milan. La toile attribuée à Solario de Tongerloo, les oeuvres de Monsignori et de Dondo, ensuite la gravure de Raphael Morghen qui part des dessins de Matteini et Appiani faits d'après la copie de Castellazzo; Barthélémy est représenté au nez concave sur certaines copies caractéristiques: Certosa di Pavia, Royal Academy, Londres; Lomazzo, 1561. détruite pendant la seconde guerre mondiale, repr. Malaguzzi-Valeri: op. cit. 604. repr.; gravures de Soutman et d'Allmer. 13 Sur les rapports entre Judas et la tête en marbre de Constantin cf.: PogányBálás, E. : Significations méthodologiques des sources antiques en renaissance art. Conférence au congrès de CIHA à Bologne, en septembre 1979, sous presse.