Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 56-57. (Budapest, 1981)

CZÉRE, ANDREA: Esquisses nouvellement découvertes de Giuseppe Cades aux peintures murales a Ariccia

dans les autres compositions, ici aussi Cades a fait des modifications sans impor­tance dans l'oeuvre définitive (fig. 108), changeant quelques moindres éléments décoratifs comme par exemple l'exécution du poteau cornier au-dessus du bal­con. Les motifs végétaux par contre, esquissés seulement sur le dessin, tels que le tronc de l'arbre du côté gauche de premier plan, son feuillage etc., sont exé­cutés avec plus de fini sur la peinture murale. La composition suivante, illustration aux strophes 27—31 du VI e chant, représente l'amant de Bradamante Ruggero qui, porté par l'hippogriffe à une île inconnue, l'attache à un myrte pour pouvoir se reposer (fig. 110). Et voilà que l'arbre se met à parler et raconte qu'il est le chevalier Astolfo que la magi­cienne Alcina, lasse de son amour, a transformé en myrte. De son récit on apprend que plusieurs nobles chevaliers eurent le même sort, et maintenant, métamorphosés, doivent supporter leur sort dans la nature. Astolfo met en garde Ruggero contre la maîtresse de l'empire, Alcina. Ses préventions n'ont pourtant pas d'effet, Ruggero ne peut pas se soustraire à la magie d'Alcina. Les strophes 54—55 du VII e chant contiennent la description de Ruggero féminisé, portant des perles aux oreilles, un bracelet au bras, ayant des cheveux bouclés. Comme dans les autres scènes aussi, Cades suit exactement le texte de l'Arioste (fig. 112). Sur l'arrière-plan apparaît la fée Melissa (cette fois-ci, à la différence du texte, non pas sous la figure du mage Atlas) et apporte la bague magique qui doit avoir comme effet la déception de Ruggero de son amour pour Alcina et son retour à sa fidèle Bradamante. Le parc, jardin d'Alcina, décoré de statues et de fontaines, subit sur la peinture murale quelque petite modification confor­mément à la première conception reflétée par l'esquisse à craie du fond que l'on voit vaguement sur le dessin: la statue plus éloignée du fond est placée un peu plus à gauche, (fig. 111). La distance est ainsi plus grande entre la statue et la fontaine qui se trouve au bord droit ,et il en résulte un arrière-plan plus aéré et plus de profondeur dans la perspective qui s'ouvre, et qui se clôt par la chaîne de montagne coupant le ciel nébuleux. La fée arrivant en hâte est changée par Cades sur la peinture murale, il l'a représentée assise, peut-être pour ne pas troubler par ce troisième personnage plus mouvementé l'harmonie et le calme idyllique qui marquent toute la composition, aussi bien les figures que leur milieu dans le jardin. Le dernier, huitième épisode de la première salle représente le tour tragique que prend l'histoire d'Olympia, princesse hollandaise. Son amoureux Bireno, qu'Olympia avait sauvé, avec l'aide d'Orlando, de la prison du roi Cimosco, et avec qui, mariés, ils naviguaient pour rentrer chez eux, la quitte sur une île déserte à cause de la fille du roi dont il est tombé amoureux (fig. 113). C'est la strophe 22 du X e chant qui décrit l'état d'âme de la femme qui, réveillée se rend compte de sa situation désespérée. Comme Caracciolo s'y est également référé, le néoclassicisme s'est tourné avec préférence vers le thème de la femme abandonnée, propre à représenter un état d'âme extrême. Ce thème peut remonter au poème d'Ovide sur Ariane abandonnée par Thésée et aux illustrations antérieures qui y étaient faites. 20 Cades connaissait pro­bablement le tableau sur Ariane fait à Rome en 1774 par Angelika Kauff­mann (Dresde, Gemäldegalerie) qui était exécuté en gravure aussi, mais malgré leurs analogies, les deux oeuvres montrent des différences substantielles. Le lieu de la scène est pareil, c'est le bord de la mer avec un voilier qui s'éloigne, 28 C a r a c c i o 1 o, M. T. : 1977. op. cit. 261.

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