Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 56-57. (Budapest, 1981)

KAPOSY, VERONIKA: Une peinture de Reynaud Levieux

constaté que le dessin devait remonter aux dernières années du XVII e siècle et présenter, parmi d'autres, des motifs caractéristiques de Le Brun aussi. La comparaison entre le tableau de Levieux conservé à Budapest (fig. 77) et la Visitation de Verdier (fig. 78) rend incontestable les affinités fondamentales qui les rattachent l'un à l'autre. Malgré la dissemblance des milieux où les deux scènes sont représentée, la disposition des figures et les aspects distincts de la composition, la concordance de certains motifs surtout les types des trois personnages principaux: Zacharie, Elisabeth et la Vierge, nous permet de sup­poser qu'il s'agit, non pas de rapport direct entre les deux oeuvres, mais d'un prototype commun. Bien que nous ne connaissions aucune composition pareille de Le Brun, 10 nous avons des documents pour savoir qu'en 1657 il a peint la visite de la Vierge à sainte Elisabeth, tableau destiné au Séminaire de Saint-Sulpice à Paris. La peinture qu'on ne connaît pas, ne parvint pas au lieu auquel elle fut destinée, parce qu'avec la mort de M. Jean-Jacques Olier qui l'avait commandée, les rela­tions de Le Brun avec le Séminaire de Saint-Sulpice cessèrent dès 1657. En ce qui concerne l'histoire postérieure de cette oeuvre, nous n'en avons aucune infor­mation, mais nous savons que les supérieures de Saint-Sulpice, n'ayant pas reçu la peinture commandée à Le Brun, après la mort de l'artiste, ,,en 1697 M. Tron­son demanda le même sujet à Verdier élève de Le Brun, qui excellait à copier les originaux de ce grand maître." 11 Sur cette commande, Faillon, l'auteur de l'ouvrage ,,Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice" écrit les lignes sui­vantes: „M. Leschassier, quatrième supérieur du séminaire, résolut d'accomplir les instructions du fondateur, au moins en parti, en procurant à la chapelle du séminaire le nombre de grands tableaux que Le Brun avait refusé de peindre, malgré ses engagements. A la Visitation, reproduite par Verdier, il ajouta la Présentation de la très sainte Vierge au temple, qui fut peinte par Marot, la Nativité de Notre-Seigneur par Le Clerc, et un tableau de la Purification que M. Le Peletier se chargea de faire peindre pour remplacer celui de Le Sueur qu'il avait placé dans la chapelle de la petite communauté dite Robertins." 12 Jouin, 13 le monographe de Le Brun, a essayé d'interpréter les mots de Faillon de la façon que Verdier avait exécuté pour le Saint-Sulpice, en 1697, donc après la mort de Levieux, la copie du tableau original qu'on avait déjà plusieurs fois réclamé. 14 Le dessin de Verdier conservé à Vienne, qui est l'esquisse 1(1 C'est vrai que François Poilly (1623—1693) a exécuté une gravure d'après une composition de Le Brun qui représentait la Visitation, mais qui ne reproduisait que les figures à mi-corps d'Elisabeth et de la Vierge, accompagnées d'anges installés dans les nuages, scène en encadrement oval. Wildenstein, D.: Les oeuvres de Charles Le Brun d'après les gravures de son temps. Gazette des Beaux-Arts, 1965. Tome 66. Nr. 21. En dehors de cela, Jouin fait encore mention d'un tableau qui fait partie de la collection de lord Feversham. Jouin, H.: Charles Le Brun et les arts sous Louis XIV. Paris, 1889. p. 485. 11 Jouin, H.: op. cit. p. 94, note 2. Faillon: Vie de M. Olier fondateur du séminaire de Saint-Sulpice. Paris, 1873. Vol. III. p. 102—103. 12 Faillon: op. cit. p. 103. 13 Jouin, H.: op. cit. p. 485. 14 En revanche, nous avons déjà soulevé la question de savoir s'il était possible que les supérieurs du Saint-Sulpice, 40 ans après la commande du tableau de Le Brun, lorsqu'ils voulaient décorer leur chapelle de nouvelles peintures et que pour cette raison ils en ont enlevé la toile de Le Sueur même, artiste remarquable de la première moitié du siècle, aient commandé à Verdier une copie? Ou bien le mot ,,reproduite" se rapporte seulement à la scène de la Visitation? Verdier devait connaître l'original,

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