Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 53. (Budapest, 1979)
SZMODIS-ESZLÁRY, EVE: Vierge d'un maître champenois du milieu du XIVe siecle
fort qui prouve que le motif général de l'Enfant tirant le voile apparaît dans cette région aussi. 22 Jolán Balogh ne localise cependant pas nettement à la Champagne notre Vierge, elle avance d'autres possibilités aussi. Sur les Vierges champenoises ou sur la sculpture gothique de la Champagne nous ne disposons pas encore d'étude exhaustive. Dans son livre important, Eisenwerth 21 ' traite les différents groupes de cette région. Nous sommes pourtant d'avis — vu tout ce qui précède — que la Vierge du Musée des Beaux-Arts peut être localisée en Champagne, dans la région de la Marne, comme une oeuvre d'art intéressante de cette région. Aux fins d'une localisation régionale plus précise, nous avons tenu compte des ,,Vierges assises" de cette région, ainsi que des types dits au manteau fermé. Nous situerions notre statue au milieu du XIV e siècle, entre 1350 et 1360. Le système fermé des formes garde des traditions plus anciennes, mais la représentation vivante de l'Enfant renvoie déjà au milieu du siècle. 24 Cette statue n'appartient pas aux produits précoces et de premier plan de cette région, comme la Vierge lorraine d'une collection particulière de Budapest l'est de sa propre région. 25 Aussi, sa localisation n'était-elle pas aussi logique. La Vierge champenoise du Musée des Beaux-Arts illustre bien cette période entre les années 1350 et 1360 qui vit s'élargir les milieux des réalisateurs et de ceux qui passaient les commandes et où les ateliers provinciaux reçurent des commandes aussi de mécènes qui vivaient du travail de leurs mains. Qu'il me soit permis de citer la Madone de Lesohes (Seine et Marne), déjà très provinciale, qui était commandée selon l'inscription sur la base, en 1370 par Platefolie Belon, couturière de Lesches. 2 *' Bien qu'elle représente une Vierge au manteau fermé, les traits de visage, la ligne des cheveux, l'analogie du drapé de la robe qui se voit sous le manteau, la manière de se tenir, la représentation de l'Enfant et de son voile, l'apparentent à la nôtre. C'est un spécimen des Madones de cette région plus tardif que le nôtre et déjà entièrement provincial. La statue de Budapest représente l'étape de l'évolution où le processus de la diffusion populaire s'est déjà engagé, mais les qualités sont encore conservées. Notre statue, n'atteignant pas la grandeur nature, se trouvait probablement aussi dans une église paroissiale de la Champagne, et elle était peut-être commandée par un membre de la bourgeoisie provinciale. Après avoir éclairci la provenance et la datation de notre statue, nous voudrions examiner de point de vue iconographique le motif de l'Enfant tenant un oiseau. Nous considérons qu'un tel examen à propos de notre statue est d'autant pus utile que dans les ouvrages étudiés à propos de notre thème où les Vierges françaises sont traitées selon les types, les régions et la chronologie 22 Balogh, J.: op. cit. fig. 25.; C'est un type caractéristique de la sculpture française, cf. Lefrançois — Pillion, L. : op. cit. p. 145.; Un exemple provenant de l'Ile de France voir: A u b e r t, M. et B e a u 1 i e u, M.: Musée National du Louvre. Description Raisonnée des Sculptures du Moyen Age, de la Renaissance et des Temps Modernes. Paris, 1950. No 204. 23 S c h m o 11, J. A. gen. Eisenwerth: op. cit. pp. 61—67 et 90—91. 24 Balogh, J.: op. cit. pp. 37 et 40. Elle se réfère au double caractère qui s'observe dans notre statue. 25 S z m o d i s — Eszláry, É. : op. cit. 28 L e f r a n ç o i s — P i 11 i o n, L. : op. cit. p. 219, fig. 16.