Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 53. (Budapest, 1979)
SZIGETHI, AGNES: Remarques sur notre collection de la peinture florentine du XVIIe siecle
Parmi les nombreuses oeuvres problématiques de notre collection nous ne nous étendrons ici qu'à celles qui peuvent plus ou moins être rattachées à la tendance furinesque. Francesco Furini, qui utilise avec und grand esprit de suite et beaucoup de personnalité les possibilités expressives, lyriques-extatiques, du jeu du clair-obscur, est relativement bien, avec trois oeuvres, représenté dans notre collection; la Mort d'Adonis 9 oeuvre précoce, inspirée incontestablement par le Caravage, mentionnée par Baidinucci et l'Andromède 10 une des nombreuses répliques faites d'après le bel original à Rome étant bien connues, nous n'en parlerons pas. La Liberalita, 11 (fig. 108) également bien connue, impose pourtant, par suite de sa restauration, une seule remarque. C'est que le nettoyage a découvert, outre l'usure et quelques déficiences mineures de la surface, aussi des qualités de l'oeuvre qui, de notre avis, permettent de ne plus poser le point d'interrogation près du nom de l'auteur. Le type du visage de la femme, peinte avec des nuances tirant au rose, montre une forte ressemblance non seulement avec la Circé de Lucca, 12 mais aussi avec l'Agar, d'une beauté exceptionnelle, de la collection Bigongiari, 13 sans son élan dramatique, nelle, dont le caractère intime rappelle presque la Madeleine du Caravage (Galleria Doria). Cant elli (op. cit. 28) attira l'attention, à propos de Jaël et Sisera lui attribué, (op. cit. 29, fig. 5—6), sur le caractère cigolesque du type de visage de la Jeune fille endormie. Le tableau de Budapest évoque la même association si on le confronte avec l'Eve de l'Immaculata Concezione à Pontorno (G r e g o r i, M.: Postule ritardate su due mostre. Bolletino degli Eleuteleti. San Miniato, 1961. fig. 31); G r e g o r i, M.: Avant-propos sulla pittura fiorentina del Seicento. Paragone, 1962. N° 145. fig. 30). L'exécution du tableau montre une touche plus vivante que celle de Cigoli, le caractère souple et mou de la draperie et de la surface du visage rappelle en effet Fetti qui avait été à Rome élève de Cigoli. Mais en comparant le style du tableau avec celui de Fetti, on y trouve en effet une certaine élégance plutôt étrangère — ,,una volontà di nobilitare" (Cant elli: op. cit. 28) — qui semble conforter l'attribution de Roberto Longhi qui, comme tant de cas déjà, fait l'effet d'une révélation. Et si, à propos de l'attribution à Coccapani, la satisfaction n'est pas complète, cela découle du simple fait qu'il avait à peine produit d'oeuvres au même niveau que ce tableau — que l'on peut considérer comme oeuvre de jeunesse, à en juger d'après son style. La Stregoneria à Florence (Gr ego ri, M.: A Cross-section of Florentine Seicento Painting. The Piero Bigongiari Collection. Apollo, 1974; C a n t e 11 i, op. cit. 37, fig. 27) et la Sainte Famille à Wiesbaden (dont une copie, plutôt qu'une variante, à en juger d'après la photo, contenant quelques changements mineurs dans les détails, avait été jadis dans une collection particulière de Budapest) sont des oeuvres excellentes, mais plus éloignées dans leur style. 9 Pigler: Katalog..., 1967, 251 avec bibliographie précédente; Cantelli, G.: Disegni di Francesco Furini e del suo ambiente. Firenze, Uffizi, 1972, G r e g o r i, M.: Note su Orazio Riminaldi e i suoi rapporti con l'ambiente romano. Paragone, No. 269, 1972, 64 note 76; Thiem, C. : I disegni di Francesco Furini e délia sua cerchia. Kunstchronique, 1972, 274; McCorquodale: op. cit. 207; Barsanti, A.: Una vita inedita del Furini. Paragone, No. 291, 1974, 94 note 60; Barsanti, A.: Ancora sul Furini. Paragone. No. 293, 1974, 61—67; ce dernier apporte des éclaircissements sur l'importance pour Furini, parmi les autres, de la peinture de Manfredi aussi. 10 Publiée dans le Bulletin du Musée des Beaux-Arts de Budapest, 1973. 11 Pigler Katalog, 251 avec bibliographie d'oeuvres antérieures; Disegni di Cecco Bravo. Catalogue d'Exposition, Florence, 1970. 7; Bigongiari, P. „L'eccedente bellezza" di una opera inedita del Furini. Arte Illustrata. 1971, N° 45—46, p. 37, les ouvrages récents cités dans la note, l'article de G. Corti dans le N° 1971/2 d'Antichità Viva et la monographie de de Cantelli me sont restés inaccessibles. La restauration délicate est le travail de Klára Deák, qui a dévoilé des effets inespérés du coloris extrêmement doux. 12 II y a des références sur ces rapports chez T o e s c a, E. : Francesco Furini. Rome, 1950. 20. 13 Bigongiari, P.: L'"Eccedente bellezza", op. cit. 35—39; Gregor i, M.: A Cross-section of Florentine Seicento Painting. Apollo, 1974, No de septembre, 222, fig. 11.