Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 53. (Budapest, 1979)

HARASZTI-TAKÁCS, MARIANNE: Contribution a l'histoire de la collection Greco du musée

offrent quelque chose de neuf. Evidemment, en décrivant les fonds se trouvant dans leur propre pays, les auteurs donnent plus de détails, montrent même parfois de la partialité. A côté des monographies, les albums de vulgarisation sont également en vogue, car l'oeuvre de ce maître grec, de formation véni­tienne, devenu espagnol, ne cesse de susciter de l'intérêt. Aussi nous semble-t-il qu'il ne sera pas inutile de fournir quelque contribution à l'historique inconnu des tableaux du Greco conservés à Budapest, en attendant que puisse être publié le Catalogue raisonné, complet, des fonds espagnols du musée de Buda­pest, comme c'est déjà fait pour les collections espagnoles de Munich et de Londres. Il n'est pas nécessaire de chercher des explications complexes pour ré­pondre à la question posée dans la première phrase du présent article. La réponse est brève et simple: à l'exception d'un tableau, acheté par le Musée en 1907 à un antiquaire parisien, 2 toutes les toiles sont dues à un authentique amateur-marchand, Marcell Nemes. La survie de son nom n'est pas due à une „carriere" économique et sociale exceptionnelle, mais à une collection établie et enrichie avec une compétence parfaite. 3 Il a fait don d'importants tableaux non seulement au Musée des Beaux-Arts de Budapest, mais aussi à il écrivit déjà un livre sur le Greco, qui eut plusieurs éditions. C'est également Mayer qui est l'auteur du premier catalogue fondamental (El Greco. Kritisches und illustrier­tes Verzeichnis des Gesamtwerkes. Munich, 1926). A partir des années 1920 nombreux chercheurs consacrèrent des travaux au Greco, et les recherches dans les archives ont souvent éclairci plusieurs problèmes fondamentaux, mais le premier „catalogue rai­sonné", embrassant tous les détails connus, établi avec un appareil scientifique mo­derne, n'a paru qu'au début des années 1960, et il est resté jusqu'à nos jours l'ou­vrage contenant les informations les plus amples: We they, H. E. El Greco and his School. Princeton, 1962. I —II. C'était suivi en 1971 par l'ouvrage de l'Espagnol José Gu­diol, paru à Barcelone, ouvrage qui contient d'excellentes photos. Quant à l'apprécia­tion des oeuvres du Greco conservées au Musée des Beaux-Arts de Budapest, le juge­ment d'aucun de ces deux chercheurs n'est malheureusement pas tout à fait sûr puisque aussi bien Wethey que Gudiol ne les ont vues qu'après la parution de leur livre. Mayer par contre devait connaître les Greco de Nemes dès les années 1910, car c'est lui qui a écrit le catalogue de l'exposition de Düsseldorf en 1912 (Städtische Kunsthalle Düsseldorf. Sammlung Marczell von Nemes. Juli-Dezember 1912.) où quatre Greco, acquis plus tard par le musée de Budapest, ont déjà été exposés (en tout huit Greco furent présentés à l'exposition), et il était l'auteur du catalogue de l'exposition parisienne de 1937 des oeuvres du Greco, pour les tableaux qui ne provenaient pas des collections royales roumaines. Encore que les jugements de Mayer soient souvent discutables vu qu'il est fort difficile de distinguer les oeuvres dues à la main même du maître ou à son atelier, compte tenu de la méthode de travail du maître et des qualités différentes, nous devons quand-même croire davantage au chercheur qui for­mula ses jugements non pas d'après des photos, mais d'après des originaux. 2 „L'Annonciation", toile, 91x66,5 cm. Acheté à l'antiquaire F. Kleinberger pour 20 000 couronnes d'or. No d'inv.: 3537. 3 Marcell Nemes naquit en 1866 à Jánoshalma, village dans le Sud de la Hongrie,­dans une famille juive pauvre. A l'âge de quinze ans il s'établit à la capitale où il devait certainement soutenir des luttes pour pouvoir enfin ouvrir une petite boutique. Les contemporains ne se sont pas prononcés, les témoins manquent. Ce que l'on pou­vait apprendre sur sa vie, c'était à reconstruire sur la base de quelques rares écrits consacrés au collectionneur déjà célèbre, de rescrits ministériels pleins de mauvaise humeur, d'introductions à des catalogues d'expositions, et ensuite de nécrologies et d'expositions commémoratives. (La première nécrologie est écrite par Elek Petrovics, directeur général du musée. Cf. In Memóriám Nemes Marcell. Rééditée dans l'ouvrage intitulé „Élet és művészet" (Vie et art), Budapest, 1937. 202—208). En 1903 Marcell Nemes fut nommé conseiller royal, titre qui ne fut accordé à des personnes ayant un arrière-fond social pareil que si elles étaient des hommes d'affaires disposant d'une

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