Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 53. (Budapest, 1979)
HARASZTI-TAKÁCS, MARIANNE: Contribution a l'histoire de la collection Greco du musée
la Pinacothèque de Munich. Le Prado de Madrid, la collection Thyssen-Bornemisza de Lugano et plusieurs musées américains conservent des chefs d'oeuvre qui se trouvaient avant dans la collection Nemes. Et son nom figure dans les grandes monographies sur le Greco à propos de nombreux tableaux qui n'ont pas été exposés dans des musées de Budapest ou qui n'ont été présentés qu'à des expositions temporaires. Comme je l'ai déjà dit, le musée de Budapest s'est présenté au marché dès la première décennie du XX e siècle quand seuls les spécialistes les plus perspicaces commencèrent à apprécier le Greco. 4 Il paraît que pendant les premières décennies de notre siècle c'est à Paris que les oeuvres du Greco trouvèrent des acheteurs. 5 C'est ce que montrent les achats faits par le Louvre, ainsi que le fait que c'est de la collection parisienne du Marquis de Rochefort que provient VAnnonciation achetée en 1907 (fig. 81) à l'antiquaire F. Kleinberger par le Musée des Beaux-Arts qui venait d'occuper son nouveau bâtiment. M. Cossio, auteur de la première monographie sur le Greco, acheva son manuscrit en 1907. Il y énumère 26 oeuvres du Greco qui se trouvaient dans la capitale française, chiffre qu'aucune ville européenne ou américaine, hors l'Espagne, ne peut même pas approcher. 6 Il serait intéressant, dans d'autres cadres qu'ici, de suivre pas à pas comment aux XIX —XX e siècles l'intérêt porté à Greco s'est transformé en enthousiasme. Comme tant de fois dans l'étude de l'art espagnol, le premier pas fut fait par Cari Justi qui déjà en 1888, dans sa monographie sur Velasquez, 7 attira l'attention sur ce maître qui avait provoqué tant d'appréciations contradictoires. Dix ans plus tard il consacra déjà trois articles à l'oeuvre de fortune considérable. En 1908, lorsqu'il fut annobli, il possédait déjà douze oeuvres du Greco. En 1913, il offrit au musée treize anciens tableaux (auparavant, il fit déjà don de précieux tableaux au musée qui venait d'être inauguré), mais malgré les nombreux achats faits un peu partout en Europe, le musée ne se montra pas désireux de les acquérir. Plus tard, à propos de ses tableaux en dépôt au musée, une autorisation ministérielle, de ton fort réservé, montre que l'on ne désirait pas acheter les tableaux de Nemes, mais que l'on acceptait ses dons et autorisait l'exposition de ses collections (cf. les dossiers sous les NoNo d'archives 435, 569, 1813 et 2011/1909. A cette date-là Marcell Nemes ne chercha pas à vendre au musée des tableaux de Greco.) Après l'exposition à Budapest en 1910, il présenta sa collection à Munich, en 1911, et à Düsseldorf en 1912. En 1913 pourtant, il fut forcé à mettre en vente une grande partie de sa collection. De 1908 jusqu'à sa mort, il était un mécène généreux du Musée des Beaux-Arts de Budapest. En 1918 il s'établit à Munich, nous en apprenons les détails dans la nécrologie faite par Simon Meiler (Marczell von Nemes. Zeitschrift für bildende Kunst. 65. 1931—1932. 25 sq) Cette vie d'envergure et cette activité de collectionneur finirent subitement à cause d'une maladie. Il est venu à Budapest pour subir un traitement, et c'est là qu'il mourut en 1930. Sa chapelle ardente fut dressée au Musée des Beaux-Arts et il fut inhumé dans une tombe cédée par le conseil municipal de la capitale. 4 Les archives du musée nous apprennent que dans la suite aussi l'acquisition de tableaux du Greco intéressait le musée. En 1910, le directeur Gábor Térey fut envoyé à Paris afin de regarder un portrait du Greco mis en vente de la collection du comte Sabardiel (sous ce nom on entendait certainement le palais Sabardiel des comtes Gabarda de Saragosse). Térey a pris le tableau avec lui à Vienne où le directeur du musée et le restaurateur l'ont examiné, mais ne l'ont pas acheté. (Cf. les documents d'archives sous les No 1800 et 1806/1910.) 5 Simon Meiler écrit, lui aussi, que Marcell Nemes était continuellement en route entre Paris et Budapest, op. cit. 25—26. 6 C o s s i o: op. cit. I. 596—604. 7 Velázquez und sein Jahrhundert. Zurich, 1933. Quatrième édition. 81—86.