Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 53. (Budapest, 1979)
HARASZTI-TAKÁCS, MARIANNE: Contribution a l'histoire de la collection Greco du musée
CONTRIBUTION A L'HISTOIRE DE LA COLLECTION GRECO DU MUSÉE Ceux qui visitent la collection espagnole du Musée des Beaux-Arts, dont la richesse est légendaire, posent, presque sans exception, la question: comment est-il possible que sept oeuvres du Greco soient acquises précisément par le Musée des Beaux-Arts de Budapest, quand ce maître, qui jouit depuis le début de notre siècle d'un estime général, n'est mieux représenté dans les collections publiques, outre l'Espagne, que depuis un quart de siècle. Malgré l'intérêt que plusieurs nouveaux aspects récemment découverts pourraient lui prêter, il ne serait pas opportun d'écrire un bref article pour esquisser les circonstances de la redécouverte du Greco, ni de suivre pas à pas le processus au cours duquel, au début de notre siècle et dans l'entre-deuxguerres, les oeuvres de ce maître le plus original, le plus espagnol et le plus maniériste, ont trouvé leur place dans les musées de l'Europe et des EtatsUnis. Dans bien des cas on pourrait parler d'oeuvres de toute première qualité, comme le Saint Jérôme de la collection Frick à New York, le Saint Martin et le mendiant, jadis à la collection Widen er de Philadelphie et acquis en 1950 par la National Gallery de Washington, ou l'inoubliable Mater Dolorosa, propriété de Charles Robinson et ensuite du Musée de Strasbourg. Dès le commencement de la grande vogue du Greco, en 1903, le Louvre acquit à une collection particulière française le Saint Louis de France, suivi en 1908 (un an après le premier Greco acquis à Budapest) par la Crucifixion avec deux donateurs. Enfin, en 1941, par suite d'un échange entre Etats, un chef d'oeuvre venu de Tolède, le portrait de Covarrubias fut acquis, grâce à quoi Paris s'est rangé, pour la qualité et la quantité, près de la collection Greco de Budapest. Les exemples ne sont pas exhaustifs, ils ne servent qu'à esquisser le déroulement de cette redécouverte. Les données précises se trouvent dans les monographies qui se suivent de près à partir du milieu des années 1920 1 jusqu'aux années 1970. Toutes cherchent à être exhaustives, presque toutes 1 Après l'exposition Greco à Madrid en 1902, M. B. C o s s i o publia un livre en deux tomes, avec catalogue et nombreuses illustrations (El Greco, Madrid, 1908.) où il attribua au maître, outre les tableaux originaux bien connus, beaucoup d'études d'atelier, de copies et aussi d'oeuvres d'autres peintres. Il puisait surtout dans les collections particulières et publiques espagnoles. C'est lui qui a guidé en 1908 MaierGraefe à Madrid et surtout à Tolède (Cf.: Maier — Graefe: Spanische Reise. Berlin, 1910.), et c'est en gros à Cossio que nous devons l'enthousiasme du chercheur allemand qui a donné une analyse bien plus approfondie que celles de A. L. Mayer dans ses oeuvres sur le Greco. Dans son guide de Tolède (Leipzig, 1910. 128—129), A. L. Mayer reprend les jugements sur le Greco des auteurs espagnols des XVII — XVIII e siècles. Toutefois, son opinion semble évoluer d'un article à l'autre. En 1911