Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 51. (Budapest, 1978)

URBACH, SUZANNE: Un tableau inconnu de Hendrick de Clerck au Musée des Beaux-Arts

Dans ce qui précède nous avons à dessein évité de donner une définition iconographique exacte de notre tableau, et nous appliquions la dénomination généralement admise de Sainte Famille. Cependant, la Sainte Famille située dans un paysage, assise sous un arbre, entourée d'anges musiciens et de fruits, n'est pas autre chose que le Repos pendant la Fuite en Egypte. Ce n'est pas un exemple unique des définitions inexactes que donnent les inventaires des musées, les études d'historiens de l'art, même des sujets les plus fréquents, les plus généraux de l'iconographie chrétienne. 158 Dans les recherches iconogra­phiques modernes on distingue avec bien plus de nuaance les définitions géné­rales des thèmes. En dehors de la brève mention dans l'Evangile selon Matthieu (2, 13—15), ce sont les textes apocryphes qui ont relaté l'histoire de la fuite en Egypte. Malgré toutes les interdictions, ces récits ont eu une survie tenace non seule­ment au cours du moyen âge, mais aussi pendant la Renaissance, voire après le concile de Trente. Il n'est donc pas exceptionnel de voir apparaître un motif apocryphe chez Clerck. Le miracle du palmier, c'est-à-dire quand le palmier se penche afin que la Sainte Famille puisse atteindre ses fruits, est la scène le plus fréquemment reproduite de l'Evangile selon le pseudo-Matthieu (8—9 e siècle). Dans le texte il est suivi (Cap. 21) par un épisode plus rarement représenté et auquel même les chercheurs de l'iconographie ont accordé peu d'attention. Je cite dans la traduction de Hennecke: « Am Nächsten Tage, als sie von dort weiterzogen und zur Stunde, wo sie sich auf dem Weg machten, wandte Jesus sich zur Palme und sprach zu ihr: » Dieses Vorrecht gebe ich dir, Palme, dass einer von deinen Zweigen von meinen Engeln fortgetragen und im Paradies meines Vaters gepflanzt werde. Diesen S --gen will ich auf dich übertragen, auf dass zu allen, die in einem Wettstreit siegen werden, gesagt werde: ihr habt die Siegespalme erlangt.» Als er dies sprach, siehe, da er­schien ein Engel des Herrn, blieb über dem Palmbaum stehen, nahm einen von seinen Zweigen und flog zum Himmel, den Zweig in seiner Hand haltend . . . Wisset ihr nicht, dass diese Palme, die ich ins Paradies habe tragen lassen, für alle Heiligen am Orte der Seligkeit bereitstehen wird, wie sie für uns am Orte der Einsamkeit bereitgestanden hat? » ;!!) Quand Jésus accorde par grati­tude au palmier le « privilège » d'être le symbole de la victoire et des saints, cela signifie évidemment la survie dans le christianisme d'un motif bien plus ancien, d'origine antique, celui de la palme symbole de la victoire/ 10 nH Dans notre musée le tableau génois du XVII e siècle n'est pas simplement la Vierge avec l'Enfant (No. d'inv. 501), mais le Repos, par conséquent le buste en her­mès de Janus n'est pas seulement l'emblème de la ville de Gênes, mais aussi une référence aux « idoles égyptiens », et la palme que l'ange tient à la main, à la légende exposée ci-après. La Sainte Famille de Juan de Sevilla (No d'inv. 776) représente également le Repos. Hennecke, E.: Neutestamentliche Apokryphen. Tübingen, 1959. I, p. 308. ''"Lexikon der christlichen Ikonographie, Bd. IV, p. 457; Claesen, M. : Le palmier, symbole d'Apollon. Bulletin de l'Institut historique belge de Rome, XIX, 83; Wal 1er t, I.: Die Palme im alten Ägypten. Berlin, 1962. pp. 104. 138. A la fin, elle se réfère au miracle du palmier, légende transmise par le Pseudo-Matthieu.

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