Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 48-49. (Budapest, 1977)

GERSZI, THÉRESE: Le probleme de l'influence réciproque des paysagistes rodolphins

LE PROBLÈME DE L'INFLUENCE RÉCIPROQUE DES PAYSAGISTES RODOLPHINS La cour de Prague de Rodolphe II était, dans les années autour de 1600, non seulement l'une des forteresses les plus importantes du maniérisme tardif international, mais aussi l'un des centres des nouveaux efforts de l'art du paysage tendant au réalisme. Prague, avec sa vie intellectuelle mouvementée et variée, avec sa riche collection impériale rassemblée avec une exigence à la totalité, s'avérait une ambiance appropriée aussi aux expérimentations moder­nes. Par conséquent elle s'acquit, presque simultanément avec les autres grands centres de l'art du paysage — Rome, Anvers, Amsterdam, Utrecht, Frankenthal — une importance fondamentale. Alors que les maîtres principaux de la peinture figurée, Spranger, Hans von Aachen et Joseph Heintz. sont restés dans l'essence jusqu'au bout fidèles aux idéaux maniéristes, dans les oeuvres des paysagistes on observe la recherche d'une voie nouvelle: dans les oeuvres de Pieter Stevens, de Roelandt Savery, du miniaturiste Georg Hoefnagel et de l'orfèvre Paulus van Vianen, qui cultivait aussi le dessin de paysage, se manifestent, à côté des caractéristiques du manié­risme tardif, aussi des efforts de représenter la réalité. Donc les paysagistes praguois — contrairement aux opinions généralement adoptées — ne peuvent pas être classés univoquement parmi les peintres de paysage maniéristes fan­taisistes,' si on tient compte de leur oeuvre intégral, y compris leurs dessins. Aux résultats auxquels ils sont arrivés dans le rendu de la réalité a contribué aussi le fait qu'ils se sont tous rattachés dans une mesure plus ou moins grande à la tradition bruegelienne. Non moins considérables étaient dans la formation de leur art les différentes influences étrangères. Stevens et Savery étaient eux aussi redevables aux résultats des maîtres de Frankenthal, en premier lieu de Gillis van Coninxloo. En Italie Stevens a subi l'influence de Hendrik van Cleef, Matthys et de Paulus Bril, et probablement aussi de Lodewijk Toeput. Et dans la perfection de l'art de Savery aussi les oeuvres de Vinckboons et de Jan Brueghel ont joué un rôle notable. C'est Paulus van Vianen qui était le plus capable de s'affranchir de l'influence des contemporains et de la généra­tion précédente. Orfèvre, il put créer indépendamment des conventions de la peinture de paysage et s'inspira — en dehors de la nature — de l'art de Bruegel et de Dürer. Prague put devenir l'un des centres importants de la peinture de paysage des années autour de 1600 justement en raison du fait que les maîtres qui y travaillaient ont transmis les uns aux autres des influences variées et im­portantes. L'histoire de l'art a jusqu'à présent négligé d'examiner ces influences réciproques. A ce propos il n'y a que quelques références qui ont été faites, 1 Franz, H. G. : Niederländische Landschaftsmaler im Künstlerkreis Rudolf II. Umeni, XVIII, Prague, 1970, p. 225, 242.

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