Garas Klára szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 46-47. (Budapest, 1976)
CZÉRE, ANDRÉE: Un dessin de Dániel Crespi au Musée des Beaux-Arts
son corps en 1599 ayant provoqué un nouvel essor dans son culte. L'erreur bien connue dans l'interprétation de la légende primitive de sa passion, et ensuite les références déficientes qui y étaient faites, sont à l'origine de la représentation de sainte Cécile, dès le bas moyen âge, comme patronne des musiciens, 13 jouant souvent de l'orgue, entourée d'anges musiciens ou chantants." Parmi les oeuvres déjà publiées de Crespi la Sainte ne figure pas, mais ce thème n'en devait pas moins lui être proche. C'est confirmé non seulement par son goût pour la musique, par la belle frise avec anges musiciens à la Chartreuse de Pavie, ainsi que par les instruments de musique, dont un clavicorde, 8 trouvés dans sa succession, mais aussi par l'indication dans l'inventaire des bien? successoraux dressé le 27 août 1630, relative à un tableau représentant sainte Cécile: ,,Uno quadro grande di carta sopra la tela di Santa Cecilia (nella sala abasso verso corte)". 9 Peu nombreux sont les postes de l'inventaire que l'on a (i Aurenhammer, H.: Lexikon der Christlichen Ikonographie. I. Vienne 1967. 427. — Ré au, L. : Iconographie de l'Art Chrétien. III. Iconographie des Saints. Paris, 1958. 280. ' La représentation de sainte Cécile, en tant que patronne de la musique est, certes, d'origine nordique, plus exactement néerlandaise, mais on n'en peut pas moins observer une évolution parallèle tant au Nord qu'au Sud. Dans l'art néerlandais, l'impulsion en était certainement venue de l'ange jouant de l'orgue, oeuvre de grand effet de Jan van Eyck à l'autel de Gand. Le tableau de Hugo van der Goes (Edinburgh) en est une variante complétée d'un ange faisant marcher la soufflerie. En dernier compte c'est à ce type de base que remontent les représentations de sainte Cécile exécutées jusqu'aux environs de 1600 — dont les plus importantes sont les gravures de Jacob Matham d'après Goltzius (Hollstein 151) et de Zacharias Dolendo d'après J. de Gheyn II (Hollstein 45), ainsi qu'une esquisse à l'huile de Rubens datant de 1620 (Vienne, Akademie der Bildenden Künste). Dans l'art italien également, les anges jouant de l'orgue devaient servir de modèle pour les représentations de sainte Cécile. Ceux-ci se rencontrent dès le trecento, surtout sur les panneaux consacrés à la gloire de la Vierge et qui représentent soit le Couronnement de la Bienheureuse Marie, soit la Vierge en trône, entourée d'anges. Dans cette tradition s'insère Gaudenzio Ferrari, auteur de la fresque ornant la coupole du Santuario délia Beata Vergine à Saronno (près de Milan) où, dans le concert des anges, un qui joue de l'orgue et un autre qui fait marcher la soufflerie pouvaient directement servir de modèle aux représentations milanaises de sainte Cécile des environs de 1600. L'oeuvre de Bernardino Campi à San Sigismondo de Crémone, une sainte Cécile jouant de l'orgue, jouissait en Italie du Nord d'une grande vogue, et une de ses variantes se retrouve à Milan aussi. (L a m o, A. : Discorso intorno alla scoltura e pittura, parère sopra la pittura di Bernardino Campo: Annexe au Z a i s t, G.: Notizie istoriche de'pittori, scultori ed architetti cremonesi. Crémone, 1774. 69—70.) Les allégories de la musique devaient également exercer une influence sur les représentations de sainte Cécile. Au quattrocento, nous en remarquons surtout un des chefs d'oeuvre d'Antonio Pollaiuolo, le monument funéraire de Sixte IV. Parmi les allégories des sciences et des arts, un bas-relief en bronze représente l'allégorie de la musique et sa composition est également fondée sur la figure féminine jouant de l'orgue et sur l'ange qui souffle l'orgue (Rome, Saint Pierre). Au XVI e siècle encore d'autres impulsions venaient pour ce genre de compositions, surtout à Venise, du cercle de Giorgone et du Tintoret, notamment de leurs tableaux représentant des concerts, des femmes au clavicorde (Le Tintoret: Femmes faisant de la musique. Dresde. Gemäldegalerie). Il est à supposer qu'en Italie une des premières représentations de sainte Cécile jouant, non pas de l'orgue, mais du clavicorde, est celle de Parmigianino. Nous pensons au dessin conservé au Musée Puskin (P o p h a m, A. E. : Catalogue of the Drawings of Parmigianino. New Haven et Londres, 1971. N° 287. pl. 125), devenu connu grâce à la gravure sur bois en clair obscur d'Antonio da Trento (Bartsch XII. 85. N°. 37). 8 Mentionné dans l'inventaire du legs conservé à Archivio Notariale de Milan, publié par Nicodemi. N i c o d e m i, G. : op. cit. 43. 9 N i c o d e m i, G. : op. cit. 52.