Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 38. (Budapest, 1972)
DOBROVITS, ALADÁR: Le Chacal dans la Barque
LE CHACAL DANS LA BARQUE Le Département des Antiquités Égyptiennes du Musée des Beaux-Arts conserve une stèle qui, par sa représentation ainsi que par son texte, mérite d'être étudiée (fig. 1). Dans le champ supérieur de la stèle en haut arrondie, sous un disque solaire ailé et bien arqué, un chacal se tient debout dans une barque de papyrus, munie d'un safran et procédant vers la droite. Sur le large champ médian est représentée une scène d'adoration: sur le bord droit on voit le mort debout qui, vêtu d'un long tablier et portant sur sa tête chauve un cône de baume, tient sa main levée dans un geste de prière. Devant lui se trouve une table d'offrande en forme de porte. Les objets de l'offrande — conformément au style de l'art égyptien — sont représentés pour ainsi dire flottant au-dessus de la table. Ces objets sont deux oies déplumées, le signe de l'offrande (h tp) et deux cercles, symboles du pain. De l'autre côté de la table, tournés à droite, on voit des dieux sur une estrade : àla tête Osiris en forme de momiecoiffé de la couronne Atef, et tenant dans sa main le triple sceptre formé des signes de la vie, de la durabilité et du pouvoir ( c nh, dd, w3s); derrière lui Isis et Nephthys, vêtues de longues robes étroites descendant jusqu'aux chevilles, avec sur leur tête les signes hiéroglyphiques de leur nom, levant leur main gauche dans un geste de prière, tandis que dans leur main droite elles tiennent le signe de la vie. Devant chaque divinité se trouve une ligne verticale portant une inscription hiéroglyphique qui se lit: «Ainsi parle Osiris, le préposé aux (Occidentaux)» «Ainsi parle Isis, la grande mère divine» «Ainsi parle Nephthys» Alors que le champ supérieur témoigne d'un maître bien rompu à son métier, le champ médian semble être le travail maladroit dû à une autre main. La gravure y est moins profonde, les personnages ne sont marqués que par des lignes incisées souvent interrompues et cernés de contours parfois manquants. Le champ inférieur contient une inscription hiéroglyphique de cinq lignes et demie, procédant de droite à gauche. L'inscription, dans son tracé, ainsi que dans son orthographe et dans sa conception, est fort primitive et pleine de fautes. Sa traduction: «0 Osiris Djed-Her! Tu voies! (2x ). Ta voix juste est louée, grand Dieu, car il est donné sous toi celui qui s'est révolté contre toi! Lève toi, secoue la poussière de toi, car ton pays est à toi! Statue! Prends les seins d'Horus dans ta bouche, accepte l'offrande à Abydos, près des «bienheureux». Ta fondation funéraire ne va pas t'être prise. 0 vous, grands mets qui êtes dans le nome de Thinis et qui donnez l'offrande à Osiris, c'est de vous que vit ce grand dieu, c'est vous qui nourrissez son autel (d'offrandes). Oh, donnez-moi des offrandes, de la bière, c'est mon petit déjeuner avec du jambon. Donnez-moi mes offrandes!»