Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 38. (Budapest, 1972)

HARASZTI-TAKÁCS, MARIANNE: Oeuvres de maîtres espagnols du XVe siecle en Hongrie

les uns aux autres, mais aussi les études de théologie et l'éloquence sacrée qui était l'un de leurs objectifs. 33 Les deux autres moines franciscains ayant été connus comme orateurs sacrés et auteurs ecclésiastiques, il est logique qu'aussi le troisième personnage fut représenté comme un moine franciscain qui a la même qualification. Sur le phy­lactère que tient le moine franciscain anonyme on lit les lettres «ESCO», peut-être le mot «ESCOR». Les autres lettres s'étant au cours des siècles effacées, on peut présumer que le phylactère ait porté le nom d'Escoriola, le supérieur du couvent de S. Mariae du Angelis. C'est peut-être justement pour le couvent des environs de Segorbe que fut exécuté le retable disparu. Il est aisé de s'imaginer que lors de la restauration de retable on se soit encore souvenu des deux théologues célèbres, et si les lettres du phylactère étaient effacés, il était facile de les reconstituer, par contre le nom d'Escoriola est plus tard complètement tombé en oubli. C'est ainsi qu'on avait remplacé les lettres manquantes par un décor floral pour que la place du texte devenu illisible ne reste pas vide. Les têtes des personnages de la prédelle — divisée en deux compartiments par une simple colonnette — sont ceintes d'une gloire. Celle de Sainte Lucie diffère des auréoles des trois moines et se distingue de celles-ci par le modelé net des petits points enfoncés dans le fond, alors que les gloi­res des trois moines ont une forme de faisceaux de rayons. Aussi le dessin de la gloire telle une assiette est-il plus vigoureux que le décor constitué de petites lignes ser­vant plutôt à relever les têtes des moines. Le peintre a donc désiré signaler par cette distinction qu'il représentait sur la prédelle du retable une sainte martyre et trois théologues franciscains. Une question toute autre est de savoir quelle était la rela­tion entre la sainte martyre, représentée en Espagne, au XV e siècle, sur nombreux retables, et les trois moines franciscains. Pour répondre à cette question il nous faudrait connaître plusieurs parties de cet ancien retable. Ayant réussi à éclaircir les problèmes iconographiques que pose la prédelle, et grâce à cela, à localiser le tableau en Espagne méridionale, nous procéderons à préciser la personne du peintre anonyme du XV e siècle travaillant probablement dans les environs de Valence. Sans aucun doute, nous avons affaire à un maître d'un talent modeste, éduqué dans les traditions gothiques et insistant sur celles-ci, mais qui a connu aussi les maîtres importants de son époque et avait travaillé peut­être dans l'atelier de l'un ou de l'autre peintre de renom. Bien que dans l'exécution des visages nous trouvions des éléments qui se rencontrent seulement dans les der­nières décennies du XV e siècle — nous pensons en premier lieu au modelé plastique et à l'application presque bermejesque des couleurs — les mains telles des griffes qui effleurent plutôt que saisissent le phylactère, la palme et le vase à pied tenant les deux yeux, la représentation schématique des robes, et particulièrement le simple provincialisme de l'encadrement font penser à un artiste qui dut connaître les chefs­d'oeuvre de son temps, mais qui se tenait aux schémas déjà éprouvés. De tel sché­mas sont le décor végétal et floral incisé dans le fond d'or et le paysage très schéma­tiquement indiqué. En même temps la représentation naturaliste de la tiare et des pierres précieuses du manteau du pape amène les chercheurs à conclure que la prédelle a été exécutée dans les dernières dizaines d'années du XV e siècle. Les dé­cors incisés dans le fond d'or se rencontrent, dès les années 1470, fréquemment chez divers maîtres valenciens. Le faisceau de rayons autour des têtes des saints et des anges sont jDrésents sur plusieurs oeuvres de Bartolomeó Bermejo. 31 Un tel faisceau ( 't. Holz a p f e 1, H. : Handbuch der Geschichte îles Franziskanerordens. Freiburg im Breisgau, 1909, p. 97. • ;4 Par ex. La descente aux limbes. Barcelone, Musée.

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