Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 38. (Budapest, 1972)

HARASZTI-TAKÁCS, MARIANNE: Oeuvres de maîtres espagnols du XVe siecle en Hongrie

de rayons ceint la tète de Santo Domingo de Silos 35 dont la tiare et l'agrafe riche­ment ornée de sa pluviale sont représentées de sorte qu'elles relèvent fortement la rondeur des perles, les couleurs et les formes des pierres précieuses, tout comme sur l'habillement du pape Alexandre. Par suite des différentes particularités stylistiques présentes sur le panneau le maître de la prédelle, — malgré les nombreux traits indivi­duels se révelant dans la modelé des visages et dans la création des types, — peut être défini seulement comme maître de l'Espagne méridionale ayant travaillé dans le dernier quart du XV e siècle. C'est là que notre opinion cadre avec celle de A. L. Mayer qui dut voir la prédelle sans doute encore dans la collection de Lukács Enyedi, et qui a constaté qu'elle est un travail moyen, peut-être valencien. Nous étions bien plus heureux dans le cas du panneau de retable acheté en 1965, que nous avons réussi à classer dans l'oeuvre d'un maître d'origine catalane qui travailla aussi en Aragon et duquel les sources contemporaines ont annoté le nom. Nous risquerons la supposition selon laquelle le panneau figurant Saint André (fig. 13) 36 et celui de Saint Pierre (fig. 14) 37 appartenant au même retable et conservé dans une collection privée de Budapest, aient fait partie de la collection du baron Kuffner 38 de Magyardiószeg. Cette collection renfermait plusieurs tableaux primi­tifs espagnols — nous y reviendrons encore dans ce qui suit — et il semble assez probable que quelques pièces de la collection aient passé du château de la commune — annectée à la Tchécoslovaquie — en Hongrie. Nul doute qu'en 1939 tous deux tableaux ont figuré à une vente publique de Budapest. 39 Les tableaux n'étant pas été reproduits dans le catalogue de la vente, ils ne purent attirer l'attention des historiens. De leur sort ultérieur nous ne savons qu'autant qu'après 1950 ils sont réapparus dans deux différentes collections de Budapest, mais seul le Saint André fut offert à la vente. C'est lors des préparatifs faits pour l'exposition des tableaux espagnols, or­ganisée en 1905 au Musée des Beaux-Arts, que nous avons commencé à nous occu­per du panneau d'une façon approfondie. Les recherches ont relevé que nous étions en présence de l'oeuvre d'un maître enregistré dans la littérature d'art, dont un re­table documenté et d'une importance fondamentale se trouve même actuellement «in situ» dans la chapelle de l'Ermita de la Piedad, élevée près de San Lorenzo de Morùnys en Catalogne (fig. 15). Le retable et le contrat conclu, en 1480, entre le peintre et le propriétaire de la chapelle, furent publiés en 1925, par J. Rovira de Ca­banes. 40 Le retable fut publié pour la première fois en 1904. 41 Dans toutes deux pu­blications figure le nom du maître Francesco Solibes ou Solives, à la personnalité artis­tique duquel Sanpere y Miquel, le premier monographe du Quattrocento catalan, a consacré une étude poussée. Son ouvrage retrace la carrière du maître appartenant 35 Exécuté en 1474; Madrid, Prado. 36 L'apôtre Sainl André, détrempe sur bois, 148x52 cm. N° d'inv.: G5.1. Acheté en 1 965, à la vente aux enchères de l'Entreprise du Magasin des Marchandises en Commis­sion, n° 89. De la collection du docteur Kálmán Tompa. 37 Détrempe sur bois, 143x52 cm. 38 Communication orale de M. Rudolf Bedő. 39 Vente d'objets d'art à la maison de Éva Almásy — Teleki et Tamás Kállav, nov. 1939, n° 532. Peintre espagnol, fin du XV e siècle: Saint André, bois, 143X52 cm; n° 533. Peintre espagnol, fin du XV e siècle: Saint Pierre, bois, 143x52 cm. La mise à prix de cha­cun était 1 500 pengő hongrois. 40 «Manresa», 1925, pp. 20-21. 41 Cf. Pages V R u e d a, P. : Bulled del Centre Excursionista de Catalunva. XIV, 1904. p. 336.

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