Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 38. (Budapest, 1972)
HARASZTI-TAKÁCS, MARIANNE: Oeuvres de maîtres espagnols du XVe siecle en Hongrie
joyel en ella». 30 Sur le monument existant encore de nos jours le sculpteur, sur la statue surmontant le tombeau, a représenté Don Alvaro de Luna avec un bonnet analogue à celui de notre moine. Ce couvre-chef ne diffère pas beaucoup de celui que Mme Bernis appelle «bonete». Elle en énumère des exemples sur les retables et statues datant des années entre 1475 et 1490. Le quatrième personnage représenté sur la prédelle porte une mitre ornée de jjierres précieuses et sous sa cagoule un manteau dont les bords sont également garnis de pierres précieuses. Sa tête est ceinte de la même gloire rayonnante que celles de Nicolas de Lira et du moine franciscain. Le phylactère qu'il tient dans la main le dit pape Alexandre. Ayant affaire à un tableau espagnol, les auteurs des catalogues plus anciens ont pensé à Alexandre VI (Borgia) qui était pape de 1492 à 1503, donc chronologiquement il put bien figurer sur la prédelle dont on présume qu'elle ait été peinte vers 1500. Or, Alexandre VI n'était ni saint ni moine, et il est peu probable que le peintre d'une province éloignée se tenant fortement aux traditions gothiques, ainsi que le pieux donateur auraient fait représenter en compagnie de la sainte martyre et de deux moines franciscains justement ce pape qui était célèbre par ses excès. C'est pourquoi l'auteur du catalogue récent dit la personne représentée le pape Alexandre V d'origine grecque, qui était moine franciscain et qui était connu comme savant théologue et orateur sacré. Il enseigna en Italie, en France et en Angleterre, plus tard il devint archevêque de Milan et, en 1409, le pape Grégoire XII et l'anti-pape Benoit XIII ayant été détrônés, c'est lui qui fut élu pape sous le nom d'Alexandre V. Fendant les 18 mois de son règne, il aggrava le schisme et, en 1409, sa bulle éditée en faveur des quêteurs mendiants fut attaquée par l'Université de Paris. Son autorité était minime et sa légitimité n'était de rigueur jamais acceptée. 31 Ceci dit, il est clair qu'Alexandre V n'était pas un saint, par contre on peut bien s'imaginer que ce soit justement en raison de sa bulle éditée en faveur des ordres mendiants que les franciscains modestes suivant les règles observantines plus rigoureuses ont vénéré le pape provenant de leur ordre, qui, tout comme Nicolas de Lira a enseigné, en Angleterre (à Oxford?) et à Paris. La représentation des deux érudits franciscains rend probable que le moine disposé entre eux qui porte un bonnet à la mode dans la seconde moitié vu XV e siècle soit également un orateur sacré ou un homme lettré. Etant donné qu'en Esrjagne la règle observantine commençait à se diffuser déjà à la fin du XIV e siècle, et même on entend parler de la fondation de plusieurs couvents mineurs des Observantins, il est probable que ceux-ci aient été, en tant que donateurs ou inspirateurs, en connexion avec le retable dont la prédelle a passé à Budapest. En 1403, la reine Marie avait fondé près de Murvierdo, un couvent dédié au Saint Esprit, auquel se rattachait une autre maison conventuelle qui commença à fonctionner, en 1413, à S. Mariae de Angelis aux environs de Segorbe. Selon les bulles des Franciscains le fondateur de ce couvent était Bernardo Escoriola, le supérieur de Murvierdo. 3 '- Dans ces couvents non seulement la règle conventuelle plus rigoureuse a rattaché les moines 30 B e r n i s, C. : El Tocado masculin en Castilla durante el ultimo cuarto del siglo XV. Los Bonetes. Archivo Espanol de Arte, 21, 1 947, pp. 20 et suiv. Une calotte semblable avaient porté au XV e siècle les savants moines franciscains qui furent reçus docteurs (communication de Ü.M.F. Denis Szedő). 31 Cf. W e t z e r und W e 1 t e, op. cit., «ist doch seine Legitimität nach strengem Recht nicht anzuerkennen». T, p. 438. 32 Bullarium Franciscanum, VII. Ed. C o n r a d ó E u b e I, Romae, 1904, p. 379.