Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 38. (Budapest, 1972)
HARASZTI-TAKÁCS, MARIANNE: Oeuvres de maîtres espagnols du XVe siecle en Hongrie
fcrophe de l'Espagne, qui au cours des siècles était attachée par nombreux liens politiques et historiques à la péninsule ibérique protégée par la chaîne des Pyrénées. 5 Nous sommes donc à juste titre fiers de jiouvoir affirmer que grâce à des achats systématiques et à des dons, le Musée des Beaux-Arts a, même avant 1945, possédé des oeuvres appartenant à de différentes tendances stylistiques de la peinture espagnole du XV e siècle, et desquelles la littérature d'art a plus ou moins tenu compte. A celles-ci vient s'ajouter récemment l'achat d'un panneau de Castille et d'un de Catalogne. Le fonds espagnol du musée se voit en outre enrichi de quelques découvertes d'ordre stylistique et iconographique, ce qui justifie la publication des oeuvres des primitifs espagnols du Musée des Beaux-Arts, des tableaux conservés dans les collections privées de Budapest, jusqu'ici ignorés par les historiens d'art, ainsi que des panneaux qui autrefois se trouvaient dans les collections hongroises. Parmi les plus anciens tableaux esjmgnols du Musée des Beaux-Arts se trouvent des oeuvres sorties des écoles castillanes, aussi bien que catalanes et aragonaises, et quelques panneaux qui, peut-être, proviennent de l'Espagne méridionale. L'influence étrangère assez forte et l'acheminement des artistes vers les villes plus prospères de cet immense pays ne permettent que difficilement de rattacher ces tableaux à des écoles locales, et cela surtout dans le cas d'oeuvres provinciales qui constituent la majeure partie des tableaux conservés au musée de Budapest. Toutefois, l'étude approfondie des divers tableaux a jeté de la lumière sur nombreuses questions d'ordre historique et iconographique. Il convient tout particulièrement de retenir que la partie prépondérante des tableaux de Budapest sont des panneaux de retables, ainsi en les publiant nous espérons pouvoir identifier encore d'autres panneaux qui se cachent dans de diverses collections. C'est pourquoi nous avons étendu nos examens aussi aux pièces apparues en Hongrie avant la seconde guerre mondiale. Evidemment, parmi celles-ci il y en a qui furent détruites pendant la guerre, et encore d'autres auxquelles nous n'avons pas attribué une importance particulière. Mais il y a aussi quelques tableaux qui ont quitté le pays et sont conservés dans de collections étrangères. C'est d'un collectionneur renommé qu'a passé, en 1966, au Musée des BeauxArts la plus ancienne pièce de la collection, un panneau datant des années 1470 et représentant un saint anonyme (fig. Il), 6 qui fut acquis comme l'oeuvre d'unjjeintre esjoagnol du XV e siècle. En examinant le tableau nous avons réussi à le localiser à l'école de León et à l'attribuer à l'entourage de Nicolas Frances, un représentant illustre du style castillan international. Parmi les oeuvres de Nicolas Frances et de ses disciples on trouve nombreuses analogies du tableau de Budapest. Aussi avonsnous réussi à établir de façon à ne laisser subsister aucun doute qu'il représentait Saint Sébastien le soldat-martyre romain. 5 C'est cela dont témoigne le catalogue de l'exposition organisée, en 1963, au Musée des Arts Décoratifs de Paris, intitulée «Trésors de la peinture espagnole. Églises et Musées de France». Du reste, dans les collections particulières de France sont conservés nombreux panneaux espagnols des XIV e et XV e siècles, bien davantage que hors l'Espagne, en Europe ou même en Amérique. 6 Détrempe, sur bois, 105x35,5 cm, N c d'inv.: 66.18. De la collection de Rudolf Bedő, autrefois en la possession du sculpteur Lajos Petri qui, à ce qu'il paraît, l'avait acheté en Espagne. Voir sa reproduction en couleurs dans The New Hungarian Quarterly, X, 1968, entre les pages 184 et 185.