Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 32-33. (Budapest, 1969)
CHICHKOV, LUDMIL: La restauration de la copie du «Jardin des Délices» de Jérôme Bosch
LA RESTAURATION DE LA COPIE DU «JARDIN DES DÉLICES» DE JÉRÔME BOSCH Le tableau peint d'après le «Jardin des Délices» de Jérôme Bosch, qui se trouvait dans la collection de la Calerie des Maîtres Anciens fut confié aux soins des restaurateurs du musée dans le cours de cette année. La restauration du tableau de grandes dimensions, peint sur toile (160X158 cm) et d'une très haute qualité, a posé des problèmes extraordinaires. Par suite des transports réitérées, de l'emballage grossière, de l'enroulement et du pliement, ainsi que du frottement de sa surface et d'autres détériorations, la toile détendue était très fortement endommagée. Plusieurs cassures parallèles horizontales, quelques cassures verticales plus grandes et nombreuses fissures telles des toiles d'araignée, ainsi que des lacunes attestent les faits de ci-dessus (fig. 35). A ce mauvais état du tableau ont contribué les corrections réitérées et les interventions incompétentes. Les nettoyages grossiers effectués au moyen de produits chimiques ont usé les glacis minces (fig. 40) et les compléments de dilettante ont terni la surface du tableau déjà détérioré. A cause de son mauvais état de conservation le tableau n'a pas donné une joie esthétique, et il n'y a que les peu de parties intactes qui ont laissé paraître sa grande qualité. Les dimensions actuelles du tableau durent être jadis presque les mêmes que celles du tableau original conservé au Prado de Madrid (panneau, 220X195 cm). Par suite des détériorations postérieures la toile s'était déchirée et ses bords effilochés furent sans cesse réparés, jusqu'à ce que le tableau obtint une forme carrée. En ce qui concerne la structure des couches de couleurs, nous avons constaté que la préparation a été faite avec une matière organique et une craie fossile blanche. Sur cette première couche fut posée immédiatement une couche de blanc de céruse brossée avec un large pinceau (fig. 47) sur laquelle l'artiste avait peint le tableau selon la technique du glacis. Cette couche de blanc de céruse augmente l'intensité lumineuse et la gamme de couleurs brillamment luisante du tableau (mélange de couleurs dit optique). La facture empâtée et la grande connaissance du dessin intensifient l'effet spatial des objets représentés. Cette manière est très caractéristique de la technique de Bosch. Pour analyser les couches de couleurs du tableau nous avons obtenu l'aide du Dr. Hermann Kühn, directeur de la section physico-chimique du «Doerner Institut» de Munich. Pour identifier le pigment, cet institut a effectué, outre l'analyse spectrale et les photographies de «Debye-Scherrer», aussi des analyses microscopiques et microchimiques. Nous en exposerons ici quelques-unes (nous avons pris les échantillons de couleurs à différentes parties du tableau que les numéros permettront de suivre sur la photographie) : 1. échantillon de la couleur jaune pâle: contenu de plomb et d'étain Pb 2 SnO, 2. échantillon de la couleur rouge: mercure et plomb; cinabre