Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 32-33. (Budapest, 1969)
URBACH, SUZANNE: La copie du «Jardin des Délices» de Jérôme Bosch au Musée des Beaux-Arts
montrent clairement qu'il s'agit d'oeuvres perdues de Bosch ou subsistant seulement par des copies ou gravures et qui auraient pu être aussi bien des oeuvres sorties de sa main que des copies exécutées sur toile. Vu que la plupart des données se réfèrent à des temps postérieurs au milieu du XVI e siècle, Steppe présume que celles-ci auraient pu être des copies qui furent peintes sur toile, après 1540, à Anvers. 16 Notons qu'en ce qui concerne la matière des tableaux aussi les inventaires ont pu contenir des erreurs. Par exemple, les premiers inventaires mentionnent la «Cure de la Folie» (Madrid, Prado) comme un tableau peint sur toile: «Lienzo quadrato donde se cura de la locura». 17 L'un des inventaires contient une donnée qu'il convient d'examiner plus attentivement. En 1521, donc cinq ans après la disparition de Bosch, à Venise, dans le palais du cardinal Tlomenico Grimaldi se trouvaient parmi d'autres tableaux néerlandais trois toiles de Bosch. 18 A. Pigler, en parlant de la «tela degli sogni» figurant dans l'inventaire de Marcantonio Michiel, estime possible qu'elle soit identique à la toile de Budapest. Notre tableau acquis à Venise est entré au Musée sous le titre de «Sogni». Cependant Zanetti, en 1771, n'a plus retrouvé à Venise les trois tableaux de Bosch ayant appartenu à la collection Grimani, pourtant il a correctement identifié les autres tableaux de Bosch conservés à Venise. 19 Ch. de Tolnay, d'après des considérations d'ordre iconographiques, a identifié l'«Enfer» et le «Songe» avec les quatre panneaux conservés actuellement à Venise, 20 hypothèse qui fut adoptée par la littérature d'art. Ce n'est que la recherche récente qui a mis en doute cette identification. 21 Seulement les recherches accompagnant le sort ultérieur des tableaux de la collection Grimani pourraient apporter la solution de ce problème. Selon 0. Kurz, la collection de Marino Grimani a conservé en 1528 deux toiles de 16 S t e p p e, J. K. : op. cit., p. 30. Ils auraient pu être aussi bien des toiles originales de Bosch, dites «Tüchlein», que des copies sur toile exécutées dans son atelier ou plus tard. 17 J u s t i, C. : Die Werke op. cit., p. 142, et Brand P h i 1 i p, L. : The Peddler by H. Bosch, a Study in Detection. Nederlands Kunsthistorisch Jaarboek, 9, 1958, note 84. Justi a présumé que la plupart des tableaux de genre de Bosch aient été primitivement peints sur toile. 18 Marcantonio Michiel: Notizie d'opere del disegno, éd. F r i m m e 1, Th. Wien, 1896, p. 100. Dans la collection du cardinal Domenico Grimani se trouvaient, parmi plusieurs portraits de Memling et tableaux d' «Alberto de Holanda», Jacopo de Barbari et Dürer, trois toiles de Bosch: 1. La tela del inferno cun la gran diuversità de monstri fo del mano de Hieronimo Bosch; 2. La tela delli sogni fo del man de linstesso; 3. La tela délia Fortuna cun el ceto che iiigiotte Giona fo del man de linstesso. Cité par Tolnay; op. cit., p. 398. 19 Zanetti: Delia pittura veneziana. Venezia, 1771, p. 40. Il se trouve, avec les deux triptyques et les quatre panneaux du Paradis et de l'Enfer, ajourd'hui encore à Venise. 20 T o 1 n a y, Ch. de: op. cit., p. 353. Les quatre panneaux représentant la Chute des condamnés, l'Enfer, le Paradis terrestre et l'Ascension vers le Paradis céleste sont sans doute les morceaux coupés à la scie de deux volets, et furent disposés probablement l'un au-dessus de l'autre. La base iconographique de l'identification est le personnage accoudé dormant, visible sur le tableau de l'Enfer, auquel apparaît en rêve la vision de l'enfer. Une représentation semblable est la «Vision Tondali» qui conserve le tableau perdu de Bosch. Cf. le catalogue Bosch, n° 43. Les toiles de Grimani, le «Sogni», «Inferno» et « Jonah avec la baleine» ont guère dû appartenir l'un à l'autre. 21 La sxipposition de Tolnay fut adoptée entre autres par B e n e s c h, O.: Hieronymus Bosch and the Thinking of the Late Middle Ages. Konsthistorisk Tidskrift, XXVI, Stockholm, 1957, p. 34; ou Middeleeuwse Kunst . . . op. cit., cat. n° 67. L'identification fut mise en doute récemment par Folie, J. : Les oeuvres authentifiées des primitifs flamands. Bulletin de l'Institut Royal du Patrimoine artistique, VI, 1963, p. 240, et par B a 1 d a s s, L.: op. cit., p. 231.