Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 32-33. (Budapest, 1969)

LEVÁRDY, FRANÇOIS: Abraham et les trois anges

les modèles de l'Ancien Testament et la série de sculptures qui la surmontait a re­présenté les scènes de la vie du Christ. Le panneau laissant deviner une riche repré­sentation nous permet à juste titre de penser à une église — sûrement à une cathé­drale ou église capitulaire — dédiée à la Vierge, mais de toute façon de fondation princière, qui était ornée de scènes figurées, tirées de la vie de la Vierge. L'iconographie mise à jour, nous devons examiner aussi l'appartenance artis­tique de la sculpture. Tibor Gerevich a découvert sur les figures de la pierre sculptée se rattachant au bas-relief de Somogyvár, dans la «draperie agitée, aux plis cassés en lignes angulaires» des robes la répercussion finale du second style de Moissac, bien qu'il ait estimé les proportions trapues des figures et leur attitude tranquille manquant de passion et de pathétique, contraires aux modèles français. Dans les figures animales se cachant dans les rinceaux de la bordure de la pierre, il a reconnu des influences toulousaines, tout comme sur la bordure moins évoluée du relief de Somogyvár. La recherche des connexions contradictoires était influencée par plu­sieurs facteurs. L'origine supposée de Kalocsa, le plan à la française de la cathédrale de Kalocsa, les attaches avec la France de l'archevêque Lukács, les connexions avec les sculptures de l'abbaye de Somogyvár fondée par des Français et les monu­ments sculptés de l'école de Pécs ont à ses yeux déterminé unilatéralement les attaches stylistiques françaises. 8 En examinant les draperies, celles-ci se rattachent, en effet, intimement à la sculpture provençale qui est un amalgame d'éléments antiques et de l'influence des sculptures d'ivoire byzantines. Les robes sont absolument identiques à celle du Christ du Tabán, si bien que József Csemegi a supposé que le maître des deux sculp­tures était le même. 9 Malgré les traits francisants qui nous frappent à première vue, il ne rattache le relief du Tabán pas unilatéralement aux monuments de la France Méridionale qui ont adopté le formalisme de l'ivoirerie. Il a prouvé de façon con­vaincante que c'est par l'entremise de l'Italie Centrale et Septentrionale que les influences françaises ont agi sur le sculpteur du relief du Tabán qui a travaillé dans la seconde moitié du XII e siècle. La parenté entre notre sculpture et un fragment mis à découverte à Obuda est encore plus étroite. Sont parfaitement identiques les bouts ondulés des plis des robes et les pieds, aussi l'encadrement à ornement de rubans torsadés mérite-t-il réflexion (fig. 31). U) L'encadrement à figures animales prises dans des rinceaux de la partie centrale figurée de notre relief nous rapproche encore mieux de la question de son origine. Parmi les torsades en forme de 8 et les rubans à double rainure de l'encadrement se cachent des animaux. En haut et en bas des dragons cynocéphales à la queue de serpent s'enroulant autour des rinceaux et dans le noeud inférieur du 8 on voit un oiseau picotant une grappe de raisin. Très frappante est la ressemblance entre les figures animales de la dalle à décor de rinceaux, découverte lors de la réfection du Bain Király, et de notre relief, entre leurs formes, leurs compositions et non en dernier lieu entre les matières de pierre (fig. 32). Il convient de signaler encore que la largeur des deux dalles à décor de rinceaux est également identique (31 cm). La partie supérieure de la dalle à 8 G e r e v i c h, T. : op. cit., p. 1 77. "Csemegi, J.:A tabáni Krisztusrelief (Le relief de Tabán représentant le Christ). Tirage à part du Magyar Mérnök és Építészegylet Közlönye. Budapest, 1936, p. 6. 10 Repr. dans Horváth, 11.: Budai kőfaragók, fig. XXX. Le lieu de décou­verte du fragment est inconnu, mais il a été trouvé sûrement h Obuda. Ibid. pp. 89— 90.

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