Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 23. (Budapest 1963)
VÉGH, JEAN: Sur les relations viennoises du peintre de retable de Hervartó
naise. L'étude présente se propose — en tant qu'un complément de l'autre — d'éelaircire le séjour en Autriche, plus exactement à Vienne, du peintre anonyme des revers des volets, d'après la parenté du style existant entre ses oeuvres et celles des peintres autrichiens. La meilleure analogie nous est offerte par deux tableaux de la Stiftsgalerie de Klosterneuburg (fig. 27—28). Les panneaux représentant Saint Barthélémy et Saint Florian figurent dans le catalogue de Benesch sous les n os 54—55. 5 C'est lui qui a appelé leur maître — l'un des élèves les plus importants de Schottenmeister le «Maître du triptyque de la Crucifixion de Sankt Florian», et c'est encore lui qui a établi son oeuvre dans une étude antérieure. 6 Les saints de Klosterneuburg présentent les mêmes attitudes et les mêmes gestes que ceux des avers des volets de Hervartó, et bien qu'on puisse observer dans les traits certaines différences, les éléments essentiels de la structure des visages sont tous identiques. Ce sont les mêmes formes angulaires, osseux et accusées que l'on voit sur ces panneaux, et sont également similaires les grands nez pointus, dessinés un peu de travers. L'un et l'autre peintre a, par une méprise de l'effet perspectivique, tracé les lignes des yeux et de la bouche, dans la réalité parallèles, comme tendant trop l'une vers l'autre. (Le maître de Hervartó déforme l'axe des yeux même dans leurs propres rapports. Nous reviendrons dans la suite sur ce phénomène absent chez les peintres autrichiens.) Tous ces traits physionomiques propres à ce maître se retrouvent sur d'autres tableaux à plusieurs personnages du Maître du Triptyque, or il n'y sont pas si manifestes que sur les panneaux cités, car la pose des personnages est identique avec celle des saints de Hervartó. On voit nombreux visages peints d'une manière semblable, par exemple sur le tableau de la collection Scanavi de Vienne, représentant la Mort de la Vierge, ou dans les groupes du triptyque de la Crucifixion de Sankt Florian. 7 Malgré cette ressemblance, le peintre de Hongrie ne pourrait être considéré comme élève du maître autrichien ; un examen minutieux démontre que ces particularités se rencontrent souvent chez les autres disciples de Schottenmeister également. Il a lui-même souvent peint des visages d'homme maigres et osseux, avec la ligne des yeux et de la bouche se rapprochant l'une de l'autre obliquement. Ses élèves continuent à développer ces traits, tel qu'on l'observe chez le Maître du Triptyque et les autres disciples. Le maître de la Légende de Saint Benoît de Melk peignit sur un tableau figurant Saint Dominique avec la Vierge et quelques personnages laïques, le même type de visage. 8 Ce panneau, avec ses marques de style communes très individuelles, pénétrant même à travers les traits tendres, et avec la structure osseuse et angulaire, montre bien que le maître de Hervartó n'avait pas emprunté ces particularités à l'un ou à l'autre peintre autrichien, mais qu'il a seulement utilisé le trésor des formes communs à l'atelier. Ces observations permettent de constater que les visages osseux, les nez relativement grands et dessinés un peu de travers rattachent notre maître à une école viennoise des plus importantes du dernier tiers du XV e siècle, notamment à l'atelier de Schottenmeister. Les panneaux de Hervartó portent cependant aussi des marques qui attestent une orientation différente de celle-là. Les divers traits de visage, surtout le modelé des bouches et des yeux est bien plus sec que le style 5 Katalog der Stiftlichen Kunstsammlungen von Dr. Wolfgang Pauker I. Beil esc h, Q. : Die Gemäldesammlung des Stift liehen Museums. Klosterneuburg, 1937. 6 B eues o h, O. : Der Meister des Krainburger Altars. Wiener Jahrbuch für Kunstgeschichte VII. Wien, 1930. pp. 189 et suiv. 7 Voir B e n e sc h, O. : op. cit. fig. 57, 58. 8 Borne, collection particulière. Voir B e n e s c h, O. : op. cit. fig. 62.