Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 18. (Budapest 1961)

PUPPI, LIONELLO: Une ancienne copie du „Cristo e il manigoldo" de Giorgione au Musée des Beaux-Arts

dération l'éventualité d'un rapport inverse •— copie très probablement divulguée et circulante, en tant qu'image sacrée, à nombreux exemplaires. Il est permis, à ce point, de tirer des conclusions certainement génériques mais non négligeables : justifiant en premier lieu, concrètement, la possibilité, de la part d'un artiste étranger à Venise, de répéter, avec une indiscutable fidélité iconogra­phique, la très célèbre composition giorgionesque, et offrant la disponibilité, par conséquent, d'une limite chronologique post quem en 1520 de la xylographie du Correr. Cette dernière donnée sert, cependant, à décréditer la seule proposition attri­butive avancée jusqu'alors, celle de Berenson, 13 qui inséra le « Christ» de Budapest dans les catalogues de Antonio Solario, dit le Zingaro : artiste, en réalité, documenté non outre 1514. 14 La solution attributive doit, donc, être recherchée dans d'autres directions : sans grosses difficultés cependant. Une comparaison de la tête du Christ, par exemple, avec les « Porte-croix » n° 1641 du Louvre et n° 47 de 1'« Estense » de Modena (fig. 35) suggère aussitôt une possibilité d'attribution à Francesco Zaganelli, 15 qu'un approfondissement de l'enquête ne peut que confirmer. Le tableau de Budapest s'insère parfaitement entre les tableaux de Cotignola des années 1520-—1531, quand le peintre rompt ses structures « quattrocentesche », agite et tourmente les schémas compositifs, réalisant ces résultats d'« un eccentrico e torturato espressionismo di accezione antielassica », spécifiés récemment par Martini, 16 et d'une évidence criante dans la Crucifixion du Musée de Ravenna ét dans la très haute Déposition de la Pinacothèque de Bologna si proche, comme climat stylistique, de la peinture qui est l'objet de cet écrit. Buscaroli a reconnu, dans un essai précieux particulièrement sur le plan de la contribution documentaire, plus que sur celui de l'analyse et de l'interprétation critique, pour lesquelles reste fondamental l'écrit de Longhi 17 — précisément dans 13 B e r e n s o n, B.: Pitture Italiane del Rinascimento. La scuola veneta. I. Lon­don—Firenze, 1958. p. 171. Mais le tableau figure entre les oeuvres de Solario dans les catalogues berensoniens de 1932 et de 1936. Attribué par Colasanti à Basait! et par Gombosi à Andrea Solario, il est catalogué par Pigler comme oeuvre de Peintre Vénitien do la première moitié du XVI e siècle (Pigler, A.: A Régi Képtár Katalógusa. Buda­pest, 1954. p. 598). 14 La dernière date sûre de l'activité de Solario se déduit du « cartiglio » en marge de la « Sacra Famiglia avec le donateur Paul With pole » de la City Art Gallery de Bristol [panneau central d'un triptyque dont les panneaux latéraux, avec respectivement Sainte Catherine d'Alexandrie et un ange, et Sainte Ursule et un ange, se trouvent, comme note Berenson (op. cit. p. 171), dans la National Gallery de Londres]. Gronau (dans: Thieme— Becker : Künstlerlexikon. XXXI. Leipzig, 1937. p. 225) a justement mis en doute l'information incertaine de Caravita (I codici e le arti a Montecassino. III. Montecassino, 1870. p. 10 sgg ; cité par Gronau), selon laquelle Solario aurait exécuté, en 1518, des fresques — aujourd'hui égarées pour l'abbaye de Montecassino. Sur Solario cfr. aussi Van Marie, R.: The development of the Italian Schools of painting. XVIII. The Ague, 1936. pp. 488 — 506. 15 Je désire exprimer mes remerciements les plus vifs à Roberto Longhi, qui si courtoisement, sur la reproduction photographique, a voulu m'orienter, avec sa très grande autorité, vers une attribution à Zaganelli. Il convient d'avertir, en vue des con­trôles sur l'emploi d'estampes de la part de Cotignola, que même le « Christ » de Modena dérive, sûrement à travers une gravure, d'un prototype giorgionesque : le Porte-croix de Boston dont il y a une réplique aussi à Budapest. 16 Martini, A.: Catalogo délia Pinacoteca di Ravenna. Venezia, 1959. pp. 187-193. 17 Buscaroli, R.: La pittura romagnola del '400. Faenza, 1931. pp. 334 — 367 ; en particulier p. 347 ss ; Longhi, R.: Saggi in Francia — dans la Vita Artistica.

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