Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 6. (Budapest, 1954)

RAJNAI, NICOLAS: L'exposition Ladislas Paál

tifs qui peuvent être mis en accord avec le souvenirs des paysages de la Hongrie. Les toiles qui présentent la moisson des années de Barbizon prouvent •qu'il n'y a pas de césure démontrable entre les oeuvres de Beilen et de Barbizon. C'est en maître achevé que Paál arriva au printemps de 1873 dans le petit village situé dans la forêt de Fontainebleau, village qui a gagné depuis une célébrité mondiale. Paál, en s'installant à Barbizon, à certains points de vue, a regagné ses foyers. Les nouvelles impressions qu'il reçut dans la forêt de Fontainebleau ont ouvert brusquement les vannes des souvenirs amassés dans les forêts immenses de la Transylvanie et les paysages vivant dans sa mémoire s'identi­fièrent aux paysages réels formant son entourage actuel. Peut-être c'est la raison pourquoi les années passées à Barbizon murissaient-elles la moisson la plus riche de son art, malgré sa misère s'aggravant de plus en plus et les supplices de n'être pas reconnu. C'est cette période qui est le mieux représentée à notre exposition. Les thèmes caractéristiques de ses toiles de Barbizon sont: l'intérieur •de forêt, d'une végétation riche, au sol couvert d'un tapis moelleux de fane, les sentiers ouvrant, à travers le tissu dense du feuillage, une fente dans le ciel de l'arrière plan, les lisières de forêts dont les arbres majestueux s'élè­vent au ciel derrière le premier plan. Ces types de sujets ne sont, bien entendu, pas de validité générale. Par exemple le «Vent d'octobre», toile puissante, d'un effet monumental, reproduite ci-contre, n'entre . pas dans leurs cadres. Cette toile représente un groupe de vieux chênes secoués par le vent et s'élevant mornes sous le ciel orageux, avec dans sa facture, l'intonation des oeuvres tragiques. Dans une autre toile, reproduite ci­contre, intitulée «La forêt de Fontainebleau» il met en oeuvre un sujet fort caractéristique des cinq années passées à Barbizon. Cette toile est le couron­nement de l'oeuvre de sa vie. Un sentier tacheté de soleil, menant à perte de vue sous le toit de feuillage de la forêt d'un vert frais de printemps, •obtient là une formule magistrale, et l'atmosphère de la forêt, dissolue en tons sonores, reçoit une réalisation poétique et artistique. Quant à la composition, les oeuvres de Barbizon sont, par rapport à sa période précédente, plus riches en solutions, aussi la représentation des phénomènes atmosphérique est-elle plus sensible. Les formes traitées sommai­rement et la couleur largement posée sont encore les résultats des voyages à Beilen : cette manière n'a guère changée à Fontainebleau. Dans le coloris -de ses tableaux dominent les couleurs chaudes et profondes (principalement le brun), sans toutefois évoquer, si peu que ce soit, le souvenir du ton de galerie. Dans plusieurs tableaux, les bruns sont éliminés et les verts jouent la partie principale, parfois, dominant tout le tableau, c'est encore eux, qui, •en grande partie, se chargent de l'accompagnement. Passant en revue les oeuvres exposées, nous constatons que Paál était l'héritier digne des grands maîtres réalistes. Digne, car il a non seulement conservé le legs artistique de ses prédécesseurs, mais l'a aussi enrichi. Conti­nuant son propre chemin, il a atteint par un développement organique aux résultats de la grande génération de l'école de Barbizon, pour qu'en suivant ses traces, il les enrichisse lui aussi, et remplisse le genre du paysage d'un contenu encore plus humain. Ce surcroît lyrique et dramatique dont le paysage intime s'est enrichi grâce à lui, ne fut pas apprécié par son époque;

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