Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 6. (Budapest, 1954)

GENTHON, ÉTIENNE: L'exposition commemorative Jules Derkovits

ce n'est pas dans cette direction que la peinture européenne a évolué : elle prit la route menant à l'impressionnisme. Les visiteurs de l'exposition contemplent les tableaux de Ladislas de Paál avec le respect dû aux chefs-d'oeuvre. NICOLAS RAJNAI L'EXPOSITION COMMEMORATIVE JULES DERKOVITS Il y a vingt ans que mourait Jules Derkovits (1894—1934), une per­sonnalité des plus marquantes de la peinture hongroise, peintre qui a dure­ment lutté pour exprimer ses idées, tellement il avait à nous dire. Le Musée des Beaux-Arts rend hommage à sa mémoire en organisant une exposition grandiose de ses oeuvres. Le choix des tableaux et des oeuvres graphiques exposés a été présenté au public par M. Zoltán Székely avec beaucoup de soin et de piété. La revue de ses ouvrages a causé une grande surprise même à ceux qui ont connu l'artiste personnellement et connurent bien entendu, toutes ses expositions. C'est à juste titre que la présente exposition évoque en nous le sentiment de n'avoir pas connu Derkovits suffisamment et de ne lui pas avoir attribué une place digne de lui parmi ses contemporains. Nous l'avons surestimé là où il ne le méritait pas, quant à ses grandes qualités, nous avons été injustes envers lui. Nous écrivons ces lignes pour corriger les fautes du passé. La vie brève et tourmentée de l'apprenti menuisier de Szombathely a été accompagnée par les anges noires de la Misère et de la Maladie. Le manque d'argent, les soucis écrasants lui firent connaître la situation injuste de son prochain en lui révélant la structure fausse de la société, l'abîme qui séparait un homme de l'autre. Il fit tout ce qui fut en son pouvoir pour remédier à ces injustices et ceux qui ont connu son caractère ferme et inflexible, savent que sa volonté d'aider n'était point une fleur de rhétori-i que, mais qu'elle était une vérité sanglante. En 1918 il entra dans le Part Hongrois des Communistes et en restait membre jusqu'à sa mort. Sa place dans la société était donc déterminée avant encore de commencer à peindre. Il a clairement vu ce qu'il y avait à faire, mais beaucoup de temps s'écoula jusqu'à ce qu'il pût appuyer ses principes politiques — à côté des mots et des actes •— par l'acte le plus efficace : la peinture. L'exposition commemorative amena des critiques disant que les tableaux exposés n'étaient pas mis en état, et qu'ils étaient présentés au public beau­coup trop nombreux, que par conséquent les chefs-d'oeuvre sont obligés de voisiner avec des tableaux de qualité inférieure. Ce reproche ne tient pas debout. Tout document artistique d'un peintre •qui n'a jamais eu la possibilité de présenter intégralement l'oeuvre de sa vie, quelque petit qu'il soit, est aussi précieux, et doit être mis au jour. Ce n'est pas l'exposition commemorative qui passe au crible les oeuvres d'un artiste, mais le temps qui, lui, tôt ou tard, rejette les oeuvres indignes de figurer sur les murs d'un musée. Avant que le temps n'ait accompli son devoir, la sélection ne saurait être que la déformation et la falsification de l'oeuvre de l'artiste. Quant aux chefs-d'oeuvre, ils se sont — à cette exposition où les

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