Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 5. (Budapest, 1954)

AGGHÁZY, MARIE: Quelques pages enluminées de manuscrit au Musée Hongrois des Beaux-Arts

14. Enlumineur français, XIII e siècle: L'initiale I. Buda­pest, Musée des Beaux-Arts. Francia miniator, XIII. szá­zad : I iniciálé. Budapest, Szépművészeti Múzeum. La simplicité du coloris de nos miniatures, le caractère des couleurs dominantes, la sim­plicité de l'ornementation, les contours unis, le manque total de plasticité dans l'exécution des figures représentées dans le plan nous interdisent de chercher en Italie le lien d'origine de nos feuillets. Les feuilles d'ornement rencontrées dans l'art italien de haute époque sont toutes plus richement lobées, elles se terminent en forme de lances plus allongées; les ornements, géométriques ou empruntés à la nature morte qui recouvrent la surface des lettres sont d'un dessin un peu plus grossier que ceux de nos pages enluminées. Par contre l'analogie est complète avec le bleu lumineux, couleur dominante des miniatures françaises. Mais il serait erroné de chercher sur nos feuillets les feuillages fleuronnés de l'école parisienne ou les rinceaux hérissés d'épines carac­téristiques de l'art français gothique. De même, les figures de nos miniatures ne rappellent en rien les figures des miniatures exécutées à cette époque pour la maison de France. A l'encontre des ces figures aux cheveux bouclés, plus gra­cieuses et plus élancées, les nôtres semblent évo­quer les miniatures françaises qui, sous l'influence anglaise, ont su conserver le caractère monu­mental de leurs figures et la décoration plus simple que celle des ouvrages sortis de l'atelier parisien. Les bibliothèques d'Europe conservent nombreux exemplaires des ces monuments du Nord de la France qui constituent le cycle du «Roman de la Poire» ainsi désigné d'après le manuscrit le plus important. 12 Il est caractéris­tique pour ce groupe de manuscrits que les exemplaires n'atteignent pas la finesse d'exécution de l'atelier parisien ce qui s'explique par le fait que leurs clients n'appartenaientpoint à la plus haute classe dirigeante. Les livres de liturgie de quelque importance s'écrivaient dans les cou­vents, à l'usage des religieux. Leurs enlumineurs, des religieux eux aussi, sont naturellement con­servateurs, ils n'ont d'autres ambitions que celles de suivre fidèlement leurs prédécesseurs, n'ép­rouvant aucun besoin d'innover à l'exemple des enlumineurs laïques de la littérature profane 12 V i t z t h u m, G. : Die Pariser Miniaturmalerei von der Zeit des hl. Ludwig. Leipzig, 1907. pp. 88 et suiv. et pp. 101 et suiv.

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