Lenkei Henrik - Kont Ignácz - Bartói Lajos - Kőrösi Albin - Vikár Béla - Vikár Vera: Petőfi könyvtár 27-28. Petőfi a világirodalomban (1911)

Kont Ignácz: Petőfi a francziáknál

Petőfi a francziáknál 73 où l'on voit figurer Lisznyai, Kerényi, Tompa, Degré etc. Le poète avait alors vingt-deux ans. Fidèle à son programme, il chercha son point d'appui dans la littérature populaire qui se présente, en Hongrie, principalement avec le caractère lyrique. De là provient cette fraîcheur délicieuse des compositions de Petőfi et cet arôme qui s'en exhale; avec lui et ses imitateurs on s'oublie dans les landes de bruyère, on s'arrête charmé au sein des plaines où Délibáb, la fée du mirage, élève ses édifices mystérieux; on écoute la trom­pette sonner tout à coup pour appeler l'esclave à la liberté; mais le poète n'est jamais si touchant que lorsqu'il se tourne vers celle qu'il aime pour dépeindre sa beauté ou pleurer sa mort prématurée. Douée d'une sensibilité ravissante, sa voix pénètre profondément le coeur; elle émeut trop, elle accable, et cependant on veut l'entendre toujours. Si l'on regrette de ne jamais trouver dans les poésies de Petőfi la même élévation religieuse ou philosophique que dans celles de l'Occident de l'Europe, il faut songer que le poète est mort avant l'âge où la poésie peut acquérir la maturité. Un reproche plus fondé qu'on pourrait lui faire, c'est d'avoir représenté la Hongrie sous un aspect exceptionnel. Tout l'apparat de la poésie magyare consiste chez lui dans les vastes landes où se projettent les fantaisies capricieuses du mirage, dans le chant du rossignol et de l'alouette dans le vol de l'aigle, dans la lente marche des grands

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