Antall József szerk.: Orvostörténeti közlemények 125-132. (Budapest, 1989-1990)
TANULMÁNYOK - ESSAYS - Le Calloc'h, Bernard: Alexandre Csoma de Kőrös n'est pas mort du paludisme
5) En 1825, du 22 février au 5 mars, le voyageur anglais John Taylor, venu de Dacca, entreprend „pour son plaisir" et "par simple curiosité" une double traversée du Terai, de Titaliah à Nagri et retour, sans que sa santé ait eu à en souffrir par la suite, bien qu 'à l'époque il n'existât encore aucune route digne de ce nom et qu'il ait couché sous la tente ou dans des huttes de bambou tout au long de son voyage. Son récit, qui montre assez les difficultés rencontrées et les dangers affrontés, a été publié dans le N°18 de la revue „Gleanings in science" de Calcutta en juin 1830, pages 177 à 183. On y apprend que de petites unités militaires tiennent garnison en plein Terai, que des marchands bengalis traversent régulièrement la région entre décembre et fin mai pour vendre leurs denrées aux Lepchas du Sikkim 6 et que des fermes isolées ou d'humbles hameaux sont dispersés au milieu des jungles, même dans les endroits les plus marécageux. 6) En 1828, le docteur James William Grant, médecin à Maldah, se rend sur le site de Dardjiling, alors un minuscule hameau lepcha, à la demande des autorités de Calcutta, afin de supputer les chances qu'il pourrait y avoir d'y installer profitablement une station climatique. Il traverse, lui aussi, le Terai, tant à la montée qu' à la descente, en suivant à peu prés, mais non sans mal, le cours erratique de la rivière Balasan, principal affluent de la Mahananda. Indien Mech, habitant le ferai du Sikkim Il en revient indemne et enthousiaste, ce qui amène le gouverneur général Lord Bentinck a retenir l'idée de créer à cet endroit ,,un nouveau Simla". 7) Deux ans plus tard, afin d'être en mesure de mieux juger des qualités supposées de Dardjiling, il confie une mission de reconnaissance géographique au capitaine J.D. Herbert, ingénieur-en-chef adjoint des travaux topographiques de l'Inde (deputy surveyor general). Herbert rejoint Grant à Maldah le 8 février 1830 et les deux hommes, gagnant Titaliah dès le lendemain, s'engagent résolument dans le Terai. Ils franchissent forêts, rivières et marais, plantant leur tente dans les clairières, ou couchant dans les villages qu'ils rencontrent en cours de chemin, ce qui prouve bien que le Terai n'est pas inhabité, comme tant d'auteurs l'ont cru et affirmé, tout récemment encore. Ils constatent qu'il y existe des marchés où les indigènes échangent leurs produits. Ils n'hésitent pas à se baigner dans un étang près de Singamari et circulent dans la région, tantôt à pied et tantôt à dos d'éléphant, sans prendre aucune précaution particulière. Dans son compte-rendu de voyage, publié dès son retour, fin mars 1830, par la revue „Gleanings in science" dont il est le directeur, Herbert ne fait que de très brèves allusions au caractère malsain du terri 6 Les Leptachas constituent la population aborigène du Sikkim. Ils sont d'ethnie tibétaine et parlent une langue rattachée au groupe tibéto-birman. Le docteur Campbell les a étudiés et il a publié sur eux plusieurs articles dans le „Journal de la société asiatique du Bengale".