Antall József szerk.: Orvostörténeti közlemények 125-132. (Budapest, 1989-1990)
TANULMÁNYOK - ESSAYS - Le Calloc'h, Bernard: Alexandre Csoma de Kőrös n'est pas mort du paludisme
Bref, pourquoi Campbell serait-il resté les bras croisés si sa conviction avait été que son ami était atteint de paludisme, alors qu'il dispo sait nécessairement d'un arsenal très complet pour lutter contre ce mal, et d'abord pour abaiss er la fièvre? 15) Le spectacle de l'impuissance à laquelle il parait réduit est d'autant plus navrant que, le 9 avril au matin, il ne vient pas seul. Il est accompagné d'un autre médecin, le docteur William Griffith 35 , lequel n'a certainement pas manqué de formuler, lui aussi, un avis sur l'état du malade. On ne sait s'il l'a examiné, car il n'en est pas question dans le rapport adressé à Bushby, mais il serait étonnant que ce médecin se soit déplacé pour rien et ait considéré sa visite au savant hongrois comme une simple promenade. Il faut savoir, en effet, que Griffith connaît bien Alexandre Csoma de Kőrös. En décembre 1837, aussitôt après le retour de celui-ci de Titaliah, il est venu le trouver au siège de la Société asiatique de Calcutta pour lui demander d'accompagner, en qualité d'expert en langue et civilisation du Tibet, l'expédition anglaise au Bhoutan commandée par le capitaine Robert Boileau Pemberton, dont lui même faisait partie. Mais le Hongrois avait refusé l'aventure, et Griffith, dans son compte-rendu de voyage, n'a pas manqué de se plaindre à plusieurs reprises de l'absence du tibétologue. En avril 1842, Griffith est au Sikkim pour des motifs scientifiques, car il est aussi un botaniste de grande réputation, malgré son jeune âge (il n'a que trente-deux ans). Il est considéré comme une des illustrations de la médecine anglaise. On vient de lui confier la direction du jardin des plantes de Calcutta, à la suite du retour en Europe du docteur Nathaniel Wallich, fondateur de l'institution 36 . Se peut-il que ce médecin talentueux, qui dans les années passées a luimême eu à souffrir d'accès fébriles -il en mourra dans moins de trois ans-n'ait pas eu l'idée de donner de la quinine, ou tout au moins un fébrifuge, à cet homme qu'il voyait dépérir devant lui? Pour qu'il en ait été ainsi, il faut à 35 Le docteur William Griffith fut l'un de plus brillants botanistes anglais de son temps. Ses collections se rapportant tant à l'Inde qu'aux régions voisines, notamment l'Afghanistan, sont considérées comme les plus remarquables du British Museum. En 1838, il accompagna l'expédition du capitaine Robert B. Pemberton au Bhoutan, et c'est lui qui en fit le premier récit détaillé. Il avoue avoir eu souvent à regretter l'absence parmi les membres de l'expédition de Csoma de Kőrös qui. en raison de sa parfaite connaissance de la langue tibétaine, tant écrite que parlée, aurait été d'un grand secours aux explorateurs. Il mourut à Malacca, à peine âgé de trentecinq ans, victime d'une hépatite. Son oeuvre posthume a été arrangée et publiée par un homme que Csoma connaissait bien puisqu'il faisait partie des animateurs de la Société asiatique de Calcutta, le docteur John M'Clelland. 36 Le docteur Nathaniel Wallich était un médecin danois qui vint 1res jeune en Inde pour s'occuper de la santé des habitants de l'enclave de Serampour. Celle-ci ayant été occupée par les troupes anglaises, il fut fait prisonnier. Mais ses connaissances botaniques lui valurent d'être rapidement relâché et de se voir bientôt confier la tâche d'aménager le jardin de plantes de Calcutta. Il appartenait à la Société asiatique du Bengale et connaissait très bien Csoma. Il était présent, par exemple, lors de la séance au cours de laquelle il fut décidé d'élever le savant hongrois au titre de membre d'honneur de la Société, en février 1834. Le docteur William Griffith