PALOTAY GERTRUD: OSZMÁN-TÖRÖK ELEMEK A MAGYAR HÍMZÉSBEN / Bibliotheca Humanitatis Historica - A Magyar Nemzeti Múzeum művelődéstörténeti kiadványai 6. (Budapest, 1940)
PARTIE HISTORIQUE
— 69 sible. 6 Sil ne ressort pas de ce document qu'un travail textile turc ornat les selles demandées il est pourtant certain que leur couverture —lissée on en cuir — était ornée et qu'il était possible d'acheter de pareils objets, des avant la domination turque, chez des commercants ou des artisans de Transylvanie. Qu'il y avait en Hongrie des broderies turques déjá bien avant le désastre de Mohács, nous ie savons d'aprés les livres de comptes du Írére du roi Vladislas II, le prince polonais Sigismond, invité a Buda. Une nolc datée de 1500 fait également mention de broderies turques. 7 Mérne sans ces données, il parait incontestable que des ouvrages textiles turcs aient été importés chez nous en grandé quantité dés avant la domination turque. On pent en déduire que dés les premiéres décades de cetle domination, le style décoratif turc se fit valoir sur nos étoffes, notamment sur nos broderies. Et cela se peut expliquer seuleinent par la circonstance que lors du commencement des guerres turques, le sol esthétique était déjá préparé á la réception du style décoralif oriental. r Combats turco-hongrois; armes, harnais, etc. Avant el pendant la domination turque, ce sönt des équipements de combat qui, des biens de la civilisation turque, passérent en possession des Hongrois le plus tőt et en plus grandé quantité. La défense contre les Turcs imposa 1' adoption de leur tacLique, et pen á pen de leurs armes, de leur équipement et de leur habillement. Au lémoignage de notes contemporaines, souvent le turban seul distinguait les guerriers turcs des preux hongrois. Plus d'une fois, les soldats hongrois prirent Eliabit turc par ruse, pour mystifier l'ennemi. Iis firent usage eux-mémes tout de suite de 1'équipement pris sur l'ennemi. Tout ceci ne présenterait pas d intérét particulier et il pourrait s'agir aussi d une adoption superficiale, si nous ne commissions la grandé vogue qu'avait chez nous l'habillement guerrier lure. Nous savons que lors du couronnement de 1608, des escortes de cavaliers entiéres défilaient en équipement turc. La seule explication psychologique du fait que nous avons adopté si volontiers et avec une si grande admiration les biens de la civilisation de l'ennemni ha'i, e'est que les Hongrois ont vraiment convoité ces objets. Pour les ouvrages tissés et brodés, nous intéressant de plus prés, les notes font mention de l'acquisition par les Hongrois de lenles ornées d' applications, de selles, de housses et de carquois brodés ou en brocart, de mérne que d'habits de gala faits de diverses matiéres précieuses. Les ornements d'applicalions des tentes formánt encore de nos jours la propriété de la famille Batthyány, sont trés rapprochés des ornements de certaines broderies sur toile hongroises (voir la fig. 132). 6 «Ceterum in Zeben, si reperient, duas quanto pulchriores poleris sellas turcales nobis emere facias ...» Erdélyi Múzeum, année 28. p. 188. 7 «Item eadem die per manus Chlawiczki olli aphlowanya Thurka, dum vulneralus fuerat, ad mandata domini prineeps dedi.» Magyar Törlénelmi Tár, vol. XXVI. p. 32Une tente turque á grands ornements figure aussi sur un inventaire de 1610. 8 Les fig. 1-13, 144, 145- fournissent des exemples instructifs de transplantation de l'ornemenlation en brocart des selles turques sur les broderies des bouts d'oreillers hongrois. L'accord frappant entre ces souvenirs matériels démont re que les «housses de la Porte» — figurant eii trés grand nombre sur les inventaires des XVI e et XVII e siécles — ont joué un rőle dans le développement de nos broderies également. Surtout, si nous lisons au sujet d'un harnais d'origine turque orné de la mérne faqon que celui qui était en 1643 en possession d'un gentilhomme hongrois: «J'ai un harnais avec une bouele ornée de pierreries, de forme mince et haute, je l'ai acheté ä la Porte.... une seile latare avec applications en os avec harnachement.... J'ai une housse bleue, de la Porte, avec fleurs j'ai une housse en caflan d'or ». 9 Dans l'inventaire fait en 1654 des effets mobiliers de Fraknó appartenant au palalin Pál Esterházy, nous trouvons des données caractéristiques pour la grande mode des «housses de la Porte». II figure parmi les selles énumérées line «housse de la Porte falte de fii d'or pur», une autre de meine matiére sur laquelle il y a des fleurs ornées de fil d'argent, et enfin une de mérne matiére de couleurs verte et bleue. 1 0 II est earactéristique que parmi les huit housses énumérées dans l'inventaire il n'y en ait qu'üne seule on Vindication «de la Porte» ne figure pas, les autres auront été, par conséquent, des travaux turcs originaux, ou au moins de style turc. Étant donné que le trésor de Fraknó a conservé un bon 8 Radvánszky Béla br.: Magyar családélet és háztartás etc. (Vie de familie et ménage en Hongrie). Budapest, 1879. II. p. 141. 9 Radvánszky: op. c. vol. IL, p. 287. 1 0 Magyar Gazdaságtörténeti Szemle, Année X, p. 172.