PALOTAY GERTRUD: OSZMÁN-TÖRÖK ELEMEK A MAGYAR HÍMZÉSBEN / Bibliotheca Humanitatis Historica - A Magyar Nemzeti Múzeum művelődéstörténeti kiadványai 6. (Budapest, 1940)

PARTIE HISTORIQUE

— 68 ­que ce n'est pas seulement Fart de la bro­derie des couches sociales plus élevées qui doit aux modéles lures des inspirations ie­condantes. Les ouvrages destinés ä Fusage quotidien de la pelile noblesse et de la bour­geoisie urbaine réflétent également 1 influ­ence turque, et cela dans les villes de la Flaute Hongrie, dans la Plaine hongroise, en Transylvanie aussi bien qu'en Pannonié. Or, la profondeur de 1 influence turque n'est pas seulement prouvée par sa diffusion par­mi les diverses couches sociales et dans le temps: nos souvenirs matériels montrent que pendant plus de deux siécles la broderie hongroise a subi line influence turque, et que cede influence Fa transformée ä fond. «Oes traditions de style el ces artifices de melier dit M. Horváth en parlant de l'or­févrerie de l'époque de la domination turque survivent á la domination et se prolori­gent encore bien loin dans l'industrie d'art du XVIIF siecle.» De meine pour les ouvra­ges lissés, comme nous le verrons. II y a plusieurs circonstances qui ex­pliquent pourquoi Finfluenee turque a été si intense et si durable précisément dans le domaine des travaux tissés; loutefois, ce phénoméne ä lui seul ne fournirait pas d'in­dication süffisante pour la mesure de Fin­fluenee culturelle turque en général, s'il s'agissait ici d'un symptőme isolé dans la civilisation hongroise ä l'époque de la do­mination turque. Cependant, les Turcs ont exercé une influence profonde en dehors des arts majeurs, par exemple sur 1'art culinaire, et l'influence subie par l'horticul­ture, les formes des contacts sociaux etc. devra encore élre étudiée dans les détails. Relations avant la domination turque. L'influence Orientale se faisant sentir au début de la domination turque n' était ni la premiere, ni la derűiére des vagues plus ou moins fortes venues de l'orientet qui out fait sentir leur influence presque sans inter­ruption depuis l'installation des Hongrois dans ce pays. Enrestant dansie domaine du métier textile, nous pouvons constater des maintenant qu'en dehors des ondes venant di­rectement de l Orient, des influences orienta­les out parvenu chez nous de l'Occident, ou bien par l intermédiaire occidental. Faute de documents matériels, nous ne pouvons pas établir dans quelle mesure il subsistait des rapports, dans les premiers temps ap­res la conquete du pays par les Hongrois en Ire les ouvrages textiles des Hongrois et ceux des Turcs d'Asie Centrale. On peut sup­poser en lout cas que de pareils rapports en partie ä la suite de contacts ultérieurs, de relations commerciales etc. subsistérent encore longtemps. Dans le fonds textile hongrois, nous pouvons distinguer non seulement diverses influences orientales suivant l'ordre chrono­logique, mais encore nous trouvons des tra­ces nelies (Finfluences orientales transmises par l'Occident. Les deux sortes (Finfluences orientales se méláiéul, naturellemfcnt, en Hongrie, pendant le processus d assimilation au fonds de civilisation hongroise, el mérne elles se fondaient parfois d une maniére in­extricable. II suffit de citer ici le souvenir le plus ancien de notre art de la broderie, le manteau de couronnement, dont 1 histoire des arts décoratifs n a pu, jusqu'ici, décider 4 Magyar Történeti Tár, Vol. II. p. 207. el Teleki: ,4 Hunyadiak kora (L'époque (les Hunyadi"). Vol. X [). 24b si c'est un ouvrage byzantin original, ou bien une broderie d'Europe Occidenlale faile en style byzantin. Pendant le moven­age, les travaux textiles de caraclére oriental pénétraient chez nous á la suite des relations avec Byzance de nos Arpadiens (1001— 1301) et des Croisades, d'une part, et ä la suite du commerce avec Venise et avec la Dalinatie, de l autre. Sur les brocarts ilaliens du roi Mathias, conservés jusq'ä nos jours, nous voyons les dessins orientaux bien connus du tissage de la soie italien, d'autre part, en 1449 un conlrat assurait aux eommercant turcs le droit d'importation libre de leurs inarchan­dises, du territoire impéi ial turc aux marchés de Nándorfehérvár, de Kevi, de Haram, de Szörény et de Karánsebes. 4 L'afflux des tex­tiles ilaliens dure pendant tonte l'époque de la domination turque, et ceux-ci, de meine que les pieces de vétement d'origine espagnole, importées chez nous en grand nombre pouvaient également présenter des caractéristiques orientales. 5 II est certain qu'au cours des combats avec les Turcs, des équipements de combat turcs sont tombés aux mains des Hongrois bien avant meine le désaslre de Mohács (1526). Le fait que de pareils objels étaient «en vogue» chez nous et que des objets turcs passaient en possession hongroise par des achats, ressort d'une leltre de Kassa datée de 1516: un gentilhomme hongrois de Gyar­mat donne a son intendant de Transylvanie Finslruction de lui acheter á Szeben deux selles turques aussi bien travaillées que pos­5 Dreger, M.: Künstlerische Entwicklung der Weberei u. Stickerei, ele. (Développement artistique du lissage et de la broderie). Wien, 1904-p. 238— 239.

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