BÁRÁNYNÉ OBERSCHALL MAGDA: A NYÍRBÁTORI STALLUMOK / Bibliotheca Humanitatis Historica - A Magyar Nemzeti Múzeum művelődéstörténeti kiadványai 2. (Budapest, 1937)
VI. LA PLACE DES STALLES DE NYÍRBÁTOR DANS L'ART ITALIEN DE L'ÉPOQUE
— 44 et Testa, et ä Celles de San Domenico de Bologne, construites de 1528 ä 1555, par Fra Damiano da Bergamo. On trouve des vues en perspective de ce genre sur la stalle n° 1 du dorne de Zagreb (t. XVIII, 4) et sur celle de M. Radovan (t. XXI, 4). La troisiéme espéce de marqueterie, trés répandue en Italie, représente l'interieur d'une armoire entr'ouverte, aux portes ä claire voie, sur les rayons de laquelle se voient des livres, des objets liturgiques, des instruments de musique etc. L'importance de cette troisiéme espéce, comme celle de la deuxiéme, est d'avoir conservé — alors que les „grands arts" se restreignaient uniquement ä des sujets héroi'ques, historiques et religieux — des représentations de vues architecturales, de paysages et de natures mortes, qui plus tard devaient devenir les principaux sujets de la peinture hollandaise. 3 4 Exemples de ce genre sont: les stalles de Paolo Sacca ä l'église San Giovanni in Monte, de Bologne, de l'année 1523; les armoires de la sacristie de la basilique de San Marco ä Venise, faites en 1520, dont la partié inférieure représente une armoire entr'ouverte et la partié supérieure des vues architecturales et les miracles de Saint-Marc; le dossier des stalles de Santa Maria in Organo, ä Vérone et de l'église Monte Oliveto Maggiore prés de Sienne, oeuvres de Fra Giovanni da Verona de 1499 et 1503—505 ; ensuite les marqueteries de l'intérieur du Palazzo Ducale de Urbino, faites d'aprés les dessins de Francesco di Giorgio et la stalle de l'église Madonna di Tiranno, ä Tiranno, oeuvre de Pantaleone de Marchis, actuellement au Musée de Berlin ; en outre, les panneaux incrustés nos 2, 6, 9 et 13 des stalles de Nyírbátor (t. XI, 1—2., XII, 1-2). La quatriéme sorté de la marqueterie italienne est celle aux personnages, qui d'abord se restreignit á représenter des putti jouant parmi le feuillage et des Amours tenant des blasons, pour retracter ensuite des figures entiéres de saints et d'apőtres et enfin de petites scénes, en sorté qu'elle finit par faire concurrence ä la peinture. A ce genre appartiennent en partié les stalles de San Domenico de Bologne, faites entre 1528—1551 par Fra Damiano da Bergamo, les panneaux aux armes des Báthory aux stalles de Nyírbátor (t. VIII, 1), et les dossiers de la stalle n° 4. du dorne de Zagreb (t. XVIII, 3). 3 4 W. Bode, Das Chorgestühl des Pantaleone de Marchis. Berlin, 1884. p. 5. Ainsi done, dans les trois monuments, provenant du mérne atelier italien de Hongrie, se retrouve chacune des quatre espéces de la marqueterie italienne, ä cöté de l'ornementation traditionelle géométrique des bordures. A l'époque de la premiére floraison de la marqueterie en Italie, le centre de cet art était Florence. Non seulement des menuisiers, mais des maitres qui par ailleurs cultivaient les „grands arts" s'y adonnaient, ainsi que Giuliano et Benedetto da Majano (les stalles des domes de Pise et de Pérouse par Giuliano da Majano), Baccio d'Agnolo (auteur des stalles de Santa Maria Novella), etc. Selon Fabroni, en 1478 ä Florence, il n'y avait pas moins de 84 ateliers de marqueterie et de sculpture sur bois. 8 5 Que cette fiévre se soit emparée également de la Hongrie, e'est ce que prouve un fait raconté par Vasari : Benedetto da Majano envoya en Hongrie des coffres incrustés commandés par le roi Mathias Corvin, mais qui s'abimérent en route par suite de l'humidité. 3 6 A la fin du XV e et au début du XVI* siécle les villes de l'Italie septentrionale, comme Venise, Vérone, Bologne, Parme, Pavie commencérent ä jouer le röle principal dans l'art de la marqueterie. (Lorenzo Lendinara: stalles de l'église Frari, ä Venise, 1468; Cristoforo Lendinara : stalles du dome de Parme 1469 ; Bartolomeo da Polo: ameublement de la Chartreuse de Pavie, 1486; Jacopo de Marchis: ameublement de la chapelle St. Sébastien de San Petronio, ä Bologne ; Fra Giovanni da Verona : stalles de Santa Maria in Organo, ä Verone, Celles du döme et de l'église San Benedetto, ä Sienne, etc.). On retrouve dans les stalles de Nyírbátor les éléments de la Renaissance florentine ainsi que ceux de l'Italie du Nord. C'est tout naturel considerant l'anné de sa construction, 1511, quand les motifs speciaux des régions différentes s'entremélaient et se répandaient dans toute l'Italie. Le motif rare des hexagones enfilés sur une baguette (t. II, 1) est d'origine florentine. On le retrouve formánt cadre autour des gravures sur bois dans le livre Epistole et Evangeli (Florence, 1490). 3 7 Ensuite sur le panneau incrusté n° 7. de Nyírbátor (t. IX, 1) les putti qui s'allongent du socle et tiennent des comes d'abondance, res3 5 Cité d'aprés W. Bode, o. c. p. 4. 3 0 Vasari, Vita di Benedetto da Majano. Milanesi, III. p. 334. 3 7 Kristeller, Early Florentine woodcuts, London, 1897, No. 135, p. 79—96.