Csengeryné Nagy Zsuzsa dr. – Doroghyné Fehér Zsuzsa dr. szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Évkönyve 2. szám. (MNG Budapest, 1974)

progression, vise à atteindre directement et en peu de temps son objectif, même s'il réussit à y parvenir rapide­ment, ne dépassera jamais une médiocrité faite de notions complexes et d'habitudes dont il lui sera difficle de se débarrasser. En sachant ce que Kaulbach vous a dit et que certaines de mes connaissances m'ont appris sur vous, je peux vous affirmer avec conviction que les études acadé­miques en bonne règle vous seraient, ainsi qu'à tout autre peintre engagé dans la peinture figurative sérieuse non seulement du plus grand profit, mais qu'elles vous seraient indispensables. J'attribue, dans ce domaine, une importance particulière à l'étude des anciens et je crois fermement (pie cette étude doit précéder la création originale parce que les œuvres de ceux-ci présentent la beauté pure si difficile à reconnaître, étant dispersée dans la nature, sous une forme dépouillée telle que l'esprit humain était capable de la saisir et de l'exprimer au cours des siècles. La con­naissance de cette beauté idéale servira plus tard à l'étu­diant de centre d'où son talent rayonnera ; par elle, il parviendra à voir, choisir et apprécier la nature ; il saura la comprendre et l'imiter en ce qu'elle a d'essentiel ; ainsi, pouvant toujours dominer ses sujets, il donnera des œuvres qui porteront la marque de la clarté et de la perfec­tion. Il va sans dire, que cette étude des anciens doit se compléter plus tard par celle des grands artistes d'époques plus récentes. Mais je suis très sûr d'une chose : c'est que l'étude de la nature sur le vif sans une préparation pré­alable suffisante ne mène à rien. Il n'a que les naturalistes qui suivent cette voie et leurs productions valent moins que les daguerréotypes. Si ces principes sont bien fondés et si vous voulez les accepter, il résulterait de tout ce que je viens de dire que vous feriez le mieux — en écartant toutes considérations secondaires et en sacrifiant à l'art les ressources dont vous disposez grâce à votre travail — de vous employer un certain temps uniquement à dessiner, puis à exécuter des nus, ensuite vous passerez à faire des compositions et à peindre des tableaux. . . .Si vous mettez, sans réserve, votre confiance dans l'enseignement de Waldmüller, n'hé­sitez pas de vous attacher à lui, mais non pas pour un temps court, mais jusqu'à ce que vous mettiez à votre profit ses conseils. Par contre, si cet enseignement contrarie votre tendance, je crois que vous feriez mieux de chercher, sans tarder, à Vienne, ici ou ailleurs, une académie dont vous accepteriez les méthodes et vous les suivriez fermement, avec une sérénité parfaite. L'Académie de Vienne, mise sous la direction de Ruhe, semble se relever maintenant. » Ceci dit, Brodszky fait connaître les critiques défavo­rables qu'ont values à Kaulbach ses fresques exécutées pour la nouvelle Pinacothèque. II parle encore du voyage d'études de József Molnár dans les Pays-Bas et à Paris et il recommande à Orlai de s'adresser à lui pour avoir les conseils « d'un témoin oculaire et riche d'expériences ». Quand Orlai a reçu la lettre de Brodszky, son séjour à Debrecen touchait à sa fin. Après, il est rentré à Mezö­berény où il avait accepté de peindre un tableau d'autel. II a choisit un sujet biblique. « Laissez venir à moi les petits enfants. » 64 Dans la lettre de Brodszky, qui suivit la première, nous lisons ceci : 65 « Si vous travaillez à votre tableau d'autel, vous pouvez être tranquille quant au temps qu'il vous coûtera parce que ce travail vous offrira une bonne occasion de vous per­fectionner. » — Cette lettre est une nouvelle preuve de l'ardeur avec laquelle Orlai se préparait à reprendre ses études. La deuxième lettre mentionne certaines démarches « en vue d'obtenir un poste ». Une lettre d'András Fésös, secrétaire général du conseil presbytéral de la région située au-delà de la Tisza nous donne des renseignements plus précis concernant ce poste. 6G Fésös y raconte que les habitants de Debrecen auraient voulu, (comme le voulait Orlai aussi) qu'un poste de professeur de dessin fût créé au collège de la ville et que ce poste fût réservé à Orlai. Mais, pour le moment rien n'en fut décidé de définitif, ainsi Orlai « doit poursuivre sans se décourager la belle carrière qu'il avait choisie et qu'en pensant de temps en temps au collège de Debrecen, il devrait s'instruire dans l'architecture aussi et par ce moyen enrichir les connais­sances peu communes qu'il avait déjà acquises ». Le voilà arrivé à un moment important de sa vie, de sa carrière d'artiste. S'il obtenait un poste de professeur dans la ville célèbre dans le passé, un compromis devrait s'établir entre la création artistique et l'activité péda­gogique. En plus, Orlai vivrait dans la proximité de Sáros­patak où il y avait un établissement animé du même esprit que les grandes écoles de Pápa et de Debrecen. — Mais le projet n'a pas eu de suite. Orlai devait rester à Mezöberény et à Békés où, tout en travaillant à son tableau d'autel, il faisait des portraits. * En été 1853, il est arrivé à Pest, venant de Békés et peu après son arrivée, il est parti pour Vienne'' 7 . Nous ignorons s'il a repris ses études à l'école de Waldrniiller ou à l'Académie. Probablement il a travaillé seul, indépen­damment de ces deux établissements. Son horizon ne ces­sait pas de s'élargir, ses connaissances de l'histoire de l'art continuaient de s'enrichir. Il envoyait au magazine Délibáb (Mirage) des comptes rendus bien écrits des gale­ries de peinture viennoises 68 et de ses propres expériences acquises lors de ses visites dans les collections publiques ou privées. Dans un article publié par la revue Uj Magyar Múzeum (Nouveau Musée Hongrois) il parle de documents concernant l'histoire de Hongrie. Il les avait découverts aux Archives d'Augsbourg. 69 La manière dont il a exposé les problèmes des rapports du public avec les collections,

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