Csengeryné Nagy Zsuzsa dr. – Doroghyné Fehér Zsuzsa dr. szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Évkönyve 2. szám. (MNG Budapest, 1974)

Les cinq années de son professorat étaient, pour la plu­part, celles de la guerre. Quand on supprime sa chaire, il a de la peine à quitter l'Ecole car étant sculpteur par vocation, il aimait l'enseignement aussi. Sa formation universelle, son sens remarquable de la pédagogie, ses connaissances solides de l'histoire et de la philosophie de l'art, sa culture humaniste, son enthousiasme et son esprit d'initiative le rendaient particulièrement apte à éduquer plusieurs générations d'artistes. Quel dommage qu'il n'ait jamais mis en écrit ses cours ! Son enseignement continue par le souvenir de son compor­tement inoubliable en tant qu'homme et artiste et par le témoignage qu'apportent ses œuvres. Sa vision sculpturale étonnante est attestée aussi par son penchant pour la poterie primitive. Il lui arrive souvent de comparer le corps humain à un vase ou à un pot. Il reste insensible aux poteries façonnées au tour ; par contre, celles qui conservent les marques du travail de la main le touchent profondément. Il joue avec la pâte et un pot sort de ses mains. En plus de sa fonction et la beauté de sa forme, il y découvre la figure abstraite d'une femme aux grâces opulentes. Voilà le point de départ d'une série d'œuvres plastiques robustes, les Beste, femmes aux formes lourdes rappelant les idoles de l'époque du matriarcat. Pareilles à des femmes préhistoriques, se dressent devant nous ces figures : Beste, tes mains aux hanches (Fig. 116) et Beste regarde au loin. En modelant ces statuettes hautes à peine de 60 centi­mètres mais semblant peser des centaines de kilos, il fait ce qu'il ne ferait pas en créant ses grandes statues : il tient à garder l'expression comique du visage pour faire oublier la robustesse du corps. La statuette Beste portant le seau a été conçue de telle façon qu'elle nous surprend par la diversité de ses vues dont chacune s'intègre bien à l'espace. La série de figurines Beste s'est terminée par elle. Le sculpteur va reprendre ce thème qui lui tient à cœur dans ses dessins. Erdey appelle « notes » les quelques milliers de dessins par lesquels il a fixé ses projets et ses idées de sculpteur. Il les revoit souvent, avant de se mettre à faire une statue ; il les consulte, les varie et les enrichit sans cesse. Il emploie ses loisirs à dessiner. Pour lui, c'est le moment de la réflexion ; chaque fois qu'il parle d'un projet de statue, A prend du papier, saisit son crayon et fait des esquisses. Sa main suit son imagination débridée ; elle trace vite les traits d'une esquisse aux lignes sûres et fermes. C'est à ce squelette tracé au crayon qu'il donnera des formes et des draperies. 121. Dezső Erdey (1902-1957) : Gaçron accroupi, 1947 Erdey Dezső (1902—1957) : Guggoló fiú, 1947 Sur ses dessins aux crayons rouge et noir, œuvres ache­vées, il reproduit ce cpii est essentiel. Chaque dessin porte la marque du style plastique. Le dessin prendra corps d'abord sous forme de statuette. S'il s'agit d'exécuter une statue de grande dimension, l'étape intermédiaire représentée par la statuette manque toujours, car l'attrait de l'aventure, il veut le goûter en se mettant tout de suite à faire en grand. La plupart de ses statues de petite dimension sont appe­lées à tort statuettes ou figurines, car elles ressemblent plutôt aux grandes statues; la force de l'expression, les proportions et leur qualité artistique les destinent aux places publiques. Ce n'est pas un fait du hasard qu'en les modelant, le sculpteur éprouvait toujours le désir de les exécuter en grand aussi. La moins importante de ses figurines, Femme s'essuyant qui a les dimensions d'une sta­tuette de Tanagra, ainsi que le Petit pêcheur à la ligne

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