Csengeryné Nagy Zsuzsa dr. – Doroghyné Fehér Zsuzsa dr. szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Évkönyve 2. szám. (MNG Budapest, 1974)
manque jamais de les accorder. Avant de se mettre à modeler, il se demande : Où est-ce que l'œuvre sera mise? S'agit-il de problèmes apparemment moins importants, de la définition des proportions d'un socle en cube ou d'une plinthe, la rigueur envers lui-même ne lui fait jamais défaut. Ses maquettes de fontaines, de monuments rappelant la guerre ou célébrant la mémoire des morts pour la patrie érigés à Bicske, Baracska, Sóskút vers le milieu des années 1930, témoignent tous de ses connaissances de l'architecture. Il a fait aussi plusieurs projets, maquettes d'un monument moderne en souvenir de la guerre et destiné pour Sajószentpéter; ils ont été couronnés au concours, mais aucun de ses projets n'a eu de suite. Parmi ses petites maquettes d'une conception architecturale les plus belles sont les figures ailées, vues de face. Sa formation d'architecte s'affirme éloquemment dans ses monuments funéraires très variés par leurs formes aussi bien que par leur matière. Les plans de sa maison qu'il ne réussit pas à construire sont du même style. Il prend une part active aux travaux d'urbanisation de plusieurs villes et y consacre beaucoup de temps. En 1938, lors d'un concours ouvert à Veszprém pour l'exécution des statues du roi István et de la reine Gizella, des deux tâches imposées aux concurrents le problème architectural le passionne plus que les deux figures. Dans ses conceptions, il donne libre cours à sa passion de créer et de former le milieu : son imagination va au delà de l'endroit désigné pour recevoir le monument et lui, il pense déjà à la création d'une nouvelle physionomie urbaine : « On pourrait y faires une chose merveilleuse, intéressante, originale qui aurait un retentissement universel » — écrit-il de Veszprém et encore plus tard il ne parlera jamais des statues, mais il dira seulement son regret que la tâche de leur trouver un endroit convenable ne lui ait pas été confiée. En 1940, lors de l'exécution d'un monument pour la ville de Veszprém, le sculpteur reprendra le dessus sur l'architecte. En montant la rue qui conduit au château, à droite, à l'entrée de la chapelle mise au jour par les archéologues, nous nous trouvons en face du monument élevé en souvenir du prince Saint Emeric (Fig. 113). Dans l'intimité de ce milieu, la figure mâle du fils du premier roi de Hongrie fait une impression à laquelle on ne peut pas résister. Il a répugné à l'artiste de représenter l'héritier du trône tel qu'il vivait dans l'opinion publique de son époque : jeune homme efféminé, aux fleurs de lys, glorifié pour son vœu de chasteté. « Je ne veux pas transformer saint Emeric en une figure d'opérette, en un prince Bob » — écrivait-il. Il la conçoit, cette figure, comme un 118. Dezső Erdey (1902-1957) : Endre Barzó, 1942 Erdey Dezső (1902—1957) : Barzó Endre, 1942 guerrier hongrois qui, s'il n'était pas mort jeune, aurait été le successeur digne du grand roi. Ce monument à Veszprém est l'œuvre moderne d'un sculpteur contemporain. Aucune trace d'archaïsme ; la statue se fait remarquer par l'emploi modéré d'éléments du style roman et par l'expression fidèle de l'époque où le prince Emeric avait vécu. La figure du prince vue de face ressemble à une initiale dont le caractère plan a été rendu plastique. Le corps est enveloppé du demi-cercle d'un manteau descendant des épaules jusqu'aux pieds. Bevêtu d'une armure, le prince est habillé d'une sorte de chemise lui serrant les hanches et semblant s'allonger grâce à ses plis verticaux. Le manteau épouse avec simplicité les formes du corps dont il ne s'écarte qu'aux pans. Les deux pieds symétriques foulent un lion de style roman. Le lion s'élevant du socle contribue aussi à agrandir la figure grandiose.