Csengeryné Nagy Zsuzsa dr. – Doroghyné Fehér Zsuzsa dr. szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Évkönyve 2. szám. (MNG Budapest, 1974)

d'Uitz à l'époque où il rédigeait sa revue Tett (Action), le suprématisme de Moholy-Nagy et d'artistes russes pen­dant qu'il éditait sa revue Ma (Aujourd'hui) — il cesse maintenant de peindre, mais ses qualités de chef lui permet­tent de choisir et de s'attacher les jeunes progressistes de l'Ecole Supérieure des Beaux-Arts qui, au cours de l'an­née 1929, ont participé aux rencontres du Cercle du Travail organisées par lui soit dans les locaux de la rédaction, rue Lehel, soit au café Simplon. Ces jeunes artistes s'engagent avec enthousiasme dans la même voie que l'art littéraire de Kassák commence à suivre; ils allient, dans leur pein­ture, le constructivisme avec le surréalisme ayant égard au nouvel art objectif aussi. Korniss voit ainsi leur concep­tion : « La vérité aride, teintée de pessimisme de leurs tableaux attirait certainement peu de inonde. Leurs formes, leurs éléments, ils les empruntaient au constructivisme et au surréalisme. » :i5 C'étaient des compositions dans le plan, mettant en scène des objets simples pris comme des sym­boles ; peut-être pourrait-on les rapprocher des œuvres d'Ozenfant ou de celles de la génération russe du nouvel art figuratif représenté par exemple par Sterenberg. 36 Nous ne les connaissons que par quelques reproductions de mauvaise qualité publiées dans certaines revues 37 à propos de l'ex­position des jeunes en 1929 dans les salles de la Galerie Tamás. Ces jeunes artistes, sollicités par Kassák, ont col­laboré à la rédaction de la revue Munka (Travail) jusqu'en été 1929 ; 38 à partir de cette date, leurs relations se refroi­dissent de plus en plus et elles seront rompues en public dans la nuit de la Saint-Sylvestre de cette année. 39 La cause de cette rupture est, en plus de la différence d'âge, la révolte des jeunes contre la sévérité et la rigidité de la con­ception du constructivisme de Kassák lesquelles, bien qu'at­ténuées dans les écrits littéraires du rédacteur n'en sont pas moins fermes dans ses vues et ses jugements. La jeune géné­ration attribuait déjà un rôle de beaucoup plus important à l'intuition et à la liberté dans la vie aussi bien que dans l'art. Pourtant, c'est grâce à leurs relations avec Kassák que certaines de leurs œuvres de jeunesse marquées de l'influence du photomontage de Lissitzky ont pu nous par­venir parce que l'écrivain rédacteur a publié plus tard dans sa revue les dessins qu'il avait obtenus d'eux pendant leur amitié. Aujourd'hui il nous semble que Kassák a fini même par faire sienne leur conception de l'art aussi. Ces jeunes artistes ont dû rencontrer le photomontage de Lissitzky 40 sur la couverture de l'album Foto-Auge il qui publie les reproductions de 76 photos, œuvres des meilleurs artistes de la photographie de l'époque dont Atget, Bau­meister, Max Ernst, Feininger, Grosz, Heartfield, Man Ray, Moholy-Nagy et d'autres. Dezső Korniss se rappelle que lui et ses camarades ont vu cette photo sur la couverture de l'album 42 qui publiait aussi le photogramme d'une main, celle de Lissitzky, tenant un compas 43 (Fig. 62). Lissitzky avait fait une copie de ce photogramme en 1926 et l'avait exposé la même année à Dresde avec ses tableaux et ceux de Mondrian, de Léger, de Picabia et de Moholy-Nagy. Elle y figurait, appliquée sur un carton rond, comme le symbole du nouvel art constructif 44 . Cet autoportrait de montage se trouve reproduit aussi sur la dernière page de l'album de photos de Moholy-Nagy (1930) 45 à côté de l'annonce de la publication de l'ouvrage mentionnée ci-dessus. 46 La Foto-Auge que nous n'avons pas encore réussi à découvrir en Hongrie venait alors de paraître. La date de sa publication n'est pas indiquée dans l'annonce ni dans l'étude de Schuldt dont nous venons de parler. L'Album des ouvrages de Moholy-Nagy annonce également la publication des photos de Lissitzky qui était en préparation et devait paraître dans la même série. 47 Sans doute, elle n'avait jamais paru parce que nous n'avons retrouvé aucune trace de sa publication dans la littérature spécialisée. C'est en 1929 que Lissitzky est allé la dernière fois en Allemagne. 65. Ernő Schubert (1903-1960) : Dessin, vers 1929 Schubert Ernő (1903—1960) : Rajz, 1929 k.

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