Korner Éva - Gellért Andor szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Közleményei 5. szám (Budapest, 1965)

66. Imre Amos (1907-1944): Nature morte au masque du poète Ady. (Hiver). 1930. Ámos Imre (1907-1944): Csendélet Ady-maszkkal (Tél). 1930. de battre en retraite. Au temps du fascisme de Horthy nos peintres bourgeois, presque sans exception, se rendirent, ils émigrèrent ou as réfugièrent dans l'émigration intérieure. Distants et passifs, ils détournèrent leurs regards des événe­ments de l'époque et s'orientèrent vers la peinture fondée sur les traditions de Nagybánya et la représentation idyllique du réel (Kóbort Berény, Aurél Bernáth, István Szőnyi, etc.). Seuls quelques artistes d'une conception du monde épu­rée — comme p. ex. Gyula Derkovits, István Dési Huber, ou les membres du groupe des Artistes Socialistes — pouvaient continuer sans équivoque la tendance progressiste. Chez eux, la composition et le thème reprennent consciemment la voix des activistes des années dix, bien que la leur — comparée à la voix retentissante, forte, pleine de verve de leurs aînés — ne fasse entendre qu'en sourdine leur opposi­tion calme et sûre. Ceux de Szentendre — comme József Egry — conservèrent le mode de composition des activistes sans choisir les thèmes de l'engagement; mais tout en rétrécissant le nombre de thèmes, ils braquent les coins durs de leurs maisons, de leurs natures mortes sur le monde donné. Au fond, c'est de la peinture bourgeoise, qui se bâtit aussi sur un monde fermé, mais ce monde n'est pas idylli­que. Au contraire, il est rigide, sombre par ses formes horizontales et verticales, et malgré son lyrisme, presque hostile avec ses bastions aux arêtes tranchantes. Ce monde constructif, enfermé surtout par des limites horizontales et verticales est caractéristique de la nature morte en question de Paizs Goebel. Les couleurs badines, prestes ne voilent pas les rapports des formes, mais elles contribuent à leur construction. Ce monde fermé de la peinture do Szentendre commence à s'ébranler de plus en plus vers les années 30, au temps des tristes préparatifs do guerre, mais il ne s'ouvre pas, il tend à refléter l'image de l'époque horrible par ses craquelures. Dans la préface du catalogue d'une exposition où les 60 p.c. des participants étaient en relation avec Szentendre, Ernő Kállai caractérise bien ce groupe de peintres hongrois en écrivant ceci: 5 «Le doux rayonnement de l'esprit, la cadence égale et calme de la forme ne furent que rarement donnés à cet art nouveau, dont le visage est chargé en grande par­tie des soucis sociaux, du pessimisme national ou individuel, et qui, sans illusions flatteuses reflète la vérité angoissante. Ceux qui ont des yeux et une imagination sensibles peuvent pourtant voir que derrière les signes intimes de l'art pictu­ral et plastique se cachent les maux alarmants de notre vie hongroise qui réclament les remèdes.» Et ces caractéristi­ij nés angoissantes qui se manifestent au cours des années 30, surtout dans la peinture de Szentendre, s'y montrent déjà dès 1930. Paizs Goebel conçoit d'une façon étrange le monde qui s'ouvre dans son tableau au-delà de la fenêtre. Le sol où le peintre travaille, est agité, mouvant comme la lave et son agitation est encore accentuée par le fait que l'eau du fond — élément inquiet et mouvant de par sa nature — semble tranquille auprès de ce sol. Mais c'est la même inquiétude que signale le contour douloureusement tordu du plat posé sur la table, 6 dont nous retrouverons la forme développée au cours des années 30, dans les natures mortes ayant des sujets analogues de Imre Arnos, 7 dans les «oiseaux du destin» de Lajos Vajda, 8 ou dans les figures do Béla Bán se débattant comme des «poissons dans un filet». 9 Les caractéristiques générales de la peinture hongroise des années 1930 dans notre tableau. Nous n'en relèverons qu'une caractéristique digne d'intérêt et qui renvoie à un des phénomènes propres à la peinture hongroise des années 1930, et qui marque le genre: découpage étroit d'un intérieur, sans figure humaine, avec vue sur le paysage. Aux environs de 1930, nous rencontrons à tout instant ce genre dans les tableaux remarquables d'auteurs remarquables (p. ex. Aurél Bernáth: Matin, 1927; István Dési Huber: Le voyageur, 1939; Gyula Derkovits: Fenêtre d'hiver, 1930; Imre Arnos: Hiver, 1930; Endre A. Fenyő:

Next

/
Thumbnails
Contents