dr. D. Fehér Zsuzsa - N. Újvári Magda szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Közleményei 4. szám (Budapest, 1963)

24. Béla Czóbel (né en J883): (íareon tenant une balle à la main. 1U 16. 24. Czóbel Béla (sz. 1883): Labdát tartó fin. ]91fi nées 30, mais, pour l'instant, cette prédominance de la couleur ne représente qu'un bref intermède. Son évolution picturale prend une autre direction au cours des premières années de la guerre mondiale. On comprend qu'un jeune peintre ait quelques difficultés à trouver son langage personnel dans ce tohu-bohu des tendances artistiques les plus diverses, à une époque où académisme, post-impressionnisme, et modernisme extrême s'affrontent sans merci. L'exemple de Czóbel nous permet d'observer comment un peintre de talent cherche à créer l'ordre ne serait-ce que pour lui-même dans ce labyrinthe d'influences et comment il finit par trouver le moyen d'ex­pression le plus conforme à son génie artistique. Les expé­riences parisiennes l'ont aidé à élaborer ce langage pictural que seule, une expérience accumulée au cours de nombreu­ses années de pratique permet de développer, par l'enrichis­sement des couleurs, par l'affinement de la manière de voir individuelle. En même temps, nous devons souligner le fait que tout ceci n'aurait pas été possible sans les enseigne­ments de l'école de Nagybánya, sans cet amour de la nature qui caractérisait la colonie d'artistes et dont l'influence accompagnait le peintre durant toute sa vie. En 1914, Czóbel s'établit à Bergen (Hollande) et y de­meure jusqu'en 1919. Cette petite ville, située à une cin­quantaine de kilomètres d'Amsterdam, avait une vie pic­turale florissante à l'époque. Le peintre français Le Fau­connier qui y passait également les années de la guerre, exerçait une forte influence sur un groupe de jeunes peintres hollandais qui, en collaborant pendant un certain temrjs, fondèrent l'école de Bergen à laquelle Czóbel finit par ad­hérer. Il participa à des expositions de peintres hollandais moderne. En 1919, le Stadelijk Museum exposa 14 de ses tableaux à l'exposition de la «Hollandsche Kunstenaars­kring ». Le déclenchement de la première guerre mondiale, le mouvement fauviste appartiennent depuis longtemps au passé. A quelques exceptions près, les anciens membres du groupe subirent l'influence du cubisme. Mais Czóbel s'ori­ente ailleurs. Les dessins, aux lignes brisées, retrouvent leur unité, et de façon plus dure encore qu'à l'époque de L'homme ussis. Nous assistons aux manifestations ex­trêmes des déformations, des recherches de formes à la Czóbel. En 1916, il peignit son tableau: Garçon tenant une belle à la main (Fig. 24). C'est une oeuvre qui diffère à la fois du style de Nagybánya et du style fauviste 1906. Czóbel s'intéresse avant tout à la rigueur de la composition. En représentant les personnages humains, il ne tient pas com­pte des lois de l'anatomie, il déforme sciemment, pour les subordonner à la composition décorative, le visage, les deux bras, le corps. Il ne détaille rien, recourt à des formes résumées et stylisées, cherche la représentation en plan, montre à peine les reliefs du corps. C'est la fin du règne des tons nuancés, de la couleur, la ligne décorative l'emporte une fois de plus. C'est avec ce tableau peut-être qu'il se rapproche le plus de la manière de Matisse de composer des tableaux. Cependant, en comparaison des oeuvres du peintre français, le tableau de Czóbel apparaît beaucoup plus gros­sier, robuste, d'une seule pièce. Face à la décorativité aérienne de Matisse, nous sentons trop rationnelle, trop voulue la tendance de Czóbel à la représentation en plan. Mais il ne continue pas le style tout en plan, cherchant uniquement la décorativité et apparaissant quelquefois un peu vide, que nous lui avons observé dans le Garçon te­nant la balle; dans le tableau Un vase sur une chaise (Fig. 25) ce sont des problèmes tout à fait différents qui le préoccupent. Au lieu de la composition par plans, il veut placer les objets dans l'espace et exprimer leur matérialité. Le sujet du tableau est fort simple; ses «personnages » sont: une chaise, un vase rouge et des tableaux appuyés contre le mur. S'inspirant de Cézanne, Czóbel cherche à analyser les rapports entre les différentes parties de l'espace- Le ré­sultat de ce procédé est la récapitulation, sur le tableau, du spectacle vu sous différents angles de vue. Les grandes formes récapitulatives restent, mais elles sont remplies de SI

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