Budapest Régiségei 15. (1950)

Nagy Tibor: A sárkeszi Mithraeum és az aquincumi Mithra-emlékek 45-120

poignard le sont au cas où il s'agit de l'aspect de chasseur de la même divinité. Il n'est donc pas étonnant de voir qu'aux deux acolytes, membres de la trinité mithriaque, on attribue une armure pareille à celle du Mithra. L'interprétation que nous venons de pro­poser ne peut être nullement infirmée par le fait que jusqu'ici seuls les environs d'Aquincum nous ont fait connaître des dadophores munis de boucliers. Malgré son caractère ésotérique, la religio Mithriaca n'a pu guère échapper au sort d'autres religions universelles. Même le christianisme ortho­doxe, quoique armé d'un corps enseignant beaucoup mieux organisé, n'a pu empêcher la floraison d'innombrables sectes. Il en était de même dans le cas du mithriacisme : cette religion, qui unissait en elle un ancien mythe iranien, des notions d'astrologie babylonienne et bien d'autres croyances encore, était susceptible d'interprétations très différentes et les néophytes issus de zones aussi diverses de la culture religieuse que la Syrie, la Rhénanie, Rome ou Aquin­cum, se distinguaient entre eux aussi par la préférence de tel ou tel élément de la doctrine mithriaque. Ces différences incontestables de la vie religieuse se reflètent aussi dans le domaine de l'art, comme nous avons essayé de le faire ressortir à propos de l'analyse du disque de marbre. C'est sous cet angle de l'histoire des religions qu'il faut envisager aussi le problèmes des dadophores munis de bouclier ; on peut les considérer à juste titre comme les révélateurs d'un trait particulier du mithriacisme propre au Nord-Kst de la Pannonié. La routine des sculpteurs locaux se manifestait uniquement par là que dans plusieurs cas les boucliers furent modelés en forme de pelta. L'artiste de bas-relief de Sárkeszi n'avait qu'à imiter un type, antérieur des dado­phores munis de bouclier en forme de pelta. Son apport personnel y était aussi peu important qu'à propos de l'imitation fidèle de l'immolation du taureau, 65 ou dans la 65 Sur notre monument ce groupe est placé dans un pentagone (formé par l'ongle postérieur du disposition dès figures accessoires et l'appli­cation des symboles des élément. En revanche, on peut lui \ attribuer le soin qu'il a apporté à l'exécution du relief. Dans le groupe du milieu les proportions du corps du taureau nous surprennent par leur justesse, quoique les détails n'y soient pas aussi minutieusement modelés que sur la figure de Mithra.' 1 Comme sur d'autres monuments de cette région, 66 le corps n'était marqué que par des surfaces plates à peine travaillées. Il n'en est pas moins vrai que la tête du taureau témoigne d'une exécution plus soignée : à propos des yeux le sculpteur essaya de signaler l'expression de la douleur par l'union des lignes de la pau­pière et de l'orbite supérieures, ainsi que par lauhe technique appropriée au modelage de la pupille. Sur notre bas-relief Mithra est repré­senté comme un jeune homme vigoureux dont la figure rayonnante de force peut bien suggérer au spectateur l'idée de voir en lui le vainqueur du taureau. Le visage du dieu est entouré d'une couronne de cheveux ondulés qui laisse entrevoir, en haut un secteur triangulaire du front. Le visage qui s'amincit vers le bas se termine par un men­ton saillant et plein d'énergie. La bouche et le menton bien minces, ainsi que le nez droit sont séparés du reste du visage par des traits creusés dans la pierre. Les grands globes oculaires restent inexpressifs, les paupières ne sont pas indiquées. E}n guise de pupilles on y voit de petits points creusée. Au lieu de tourner sa tête vers le dieu du soleil, Mithra la relève hors du plan du ta­bleau et porte son regard immobile vers le haut. Un calme rigide et presque hiératique se grave sur le visage du dieu et de ses acolytes ; c'est d'ailleurs le trait essentiel du tableau entier, malgré le mouvement cheval, son genou droit de devant et ses naseaux, ainsi que par le bonnet du dieu et le coin supé­rieur de la chlamyde). Cette composition revient sur les meilleurs reliefs de l'art mithriaque. 66 Voir, à titre d'exemple, les remarques de Z. Oroszlán dans* Az Orsz. Magyar Régészeti Tár­sulat Évkönyve (Annuaire de la Société Hon­groise d'Archéologie), II, 1927, p. 64 et celles de Ä. Dobrovits sur un relief représentant une scène du Nil au Musée Municipal de Székesfehérvár Szépművészet (I<es Beaux-Arts), 1942, p. 16. 118

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