Budapest Régiségei 14. (1945)
ÉRTESÍTŐ - Nagy Tibor: A gellérthegyi bronzkorsó 525-533
Toutes ces pièces, auxquelles nous devons encore ajouter une autre bronze du Musée du Louvre (A . de Bidder, op. cit. Nr. 2698 ; lieu de découverte inconnu. Forme du vase et de la panse analogue aux pièces ci-dessus, seuls les pieds sont remplacés par une main tenant mie pomme de pin), sont liées entre elles très étroitement, par l'identité de la technique, de la forme et des éléments décoratifs. Le registre dés trouvailles permet de supposer que le lieu de fabrication de ces cruches est à chercher avant tout dans la Gaule Supérieure ou dans la région du Rhin. La cruche de Corbridge doit être considérée comme un article d'importation, étant donnés les rapports très étroits de commerce qui unissaient les peuples de la Gaule Supérieure à ceux du Rhin Inférieur et de la Grande Bretagne. La cruche de Cannstatt à son tour fut mise à jour à un lieu de transbordement trés important du commerce dirigé vers l'Est (H. Aubin. B. J. 130. 1925.). Toutes ces pièces ont dû être fabriquées dans un certain atelier provincial de métallurgie où survivaint la routine de la poterie capouane ; l'attache en forme de feuille, son soudage jà la panse et les anses à l'extrémité zoomorphe nous en fournissent autant de preuves. Dans la Germanie Inférieure, d'après les recherches de Willers (H. Willers, Die Bronzeeimer von Hemmoor. Hannover —Leizig 1901. passim, et Neue Untersuchungen über die röm. Bronzeindustrie, Hamiover u. Leipzig 1907. pp. 23, 59.), tels sont les seaux du type Hemmoor, dont le centre de fabrication est sur le territoires de Gressenich, près d'Aix-La-Chapelle (H. Willers, Neue Untersuchungen. . . p. 37. — /. Werner, Zur Herkunft und Zeitstellung d. Hemmoor Eimer. Bonn Jahrb. 140/141, 1936, pp. 395,398.). Ces derniers ateliers ne se limitaient pas seulement à la fabrication de seaux, maisils conf ectionnaient aussi des vases de toutes sortes. La technique particulière aux cruches à l'anse ornée de deux pieds, le choix des éléments de l'ornement végétal et animal ainsi que leur reproduction par des formes simplifiées répondent parfaitement à la pratique de cet important centre métallurgique. Quant à l'emploi des pieds nus en guise d'élément décoratif nouveau, il remonte à l'initiative du Sud. L'anse du vase en bronze conservé au Museum für Kunst und Gewerbe de Hamburg, ayant à son extrémité mi pied chaussé d'une sandale attachée par des courroies argentées n'est certainement pas un ouvrage provincial (H. Kusel. Arch. Anz. 1917. col. 67—68 et fig. 12). On en peut conclure aussi à l'emploi d'une décoration pareille de l'anse dès une époque plus ancienne, au moins en ce qui concerne les fonderies d'Italie et d'Alexandrie. [H. Kusel fixe cette dernière pièce au II e siècle av. J.Chr.; l'époque des moules provenant de Tortose en Syrie n'est pas connue (Bulletin de la Société des Antiquaires de France 1900 p. 310. Nr. 20)]. Le doublement des pieds, leur reproduction réduite aux contours simples et aux formes plates du bas-relief dut s'accomplir dans le milieu de l'atelier des seaux du type Hemmoor. En outre, rien ne nous empêche, au point de vue chronologique, de rattacher les cruches à l'anse en forme de pied humain à ce cercle de la poterie de la Germanie Inférieure. Les pièces que nous venons de signaler ont été fabriquées en général au II e siècle après J.-Chr. Les circonstances de la découverte ne nous autorisent à en conclure sur la date de la fabrication qu'en deux cas. La cruche d'Epagnette trouvée en 1771 était remplie de monnaies du temps d'Adrien ; elle fut donc fabriquée au plus tard dans la première moitié du II e siècle. Par contre la cruche de Corbridge fut trouvée dans un édifice qui, selon le témoignage des médailles et des trouvailles de céramiques, doit avoir été construit au milieu ou vers la fin du II e siècle. Les produits d'exportation de ce centre de métallurgie de la Germanie Inférieure étaient déjà connus aussi à Aquincum. C'est l'analyse chimique des tuyaux de l'orgue hydraulique d'Aquincum qui en fournit la preuve la plus éclatante. On a constaté que les tuyaux de l'orgue hydraulique, offerte en 228 par G. lui. Viatorinus au siège des pompiers d'Aquincum, furent fondés du même alliage de bronze que les seaux du type Hemmoor (L. Nagy : Az aquincumi orgona. — 532