Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs 12. (1959)
HRAZKY, Josef: Die Persönlichkeit der Infantin Isabella von Parma
232 Josef Hrazky voila bien des bons jours, je suis charmée, que vous ayés bien dormis, j’en ai fait autant, mais ai un rhume de cerveau terrible, pourvu qu’il ne me fasse pas garder la chambre, je lui permets de durer tout l’hiver. Adieu, chere Soeur, je vous embrasse un million de fois de toutes mes forces. XI. 19. Je ne voulois pas vous écrire, chere alte, mais votre billet est trop fol (!) pour ne pas y repondre, vous avés raison de dire, que rien n’est plus fort au monde que notre amitié, mais cette meme amitié me fait tourner la tete. je me reproche, que je suis peut etre cause de votre tous [s] e de cette nuit et puis je suis folle, du moins je le crois, car on a dit de ce pretre, qu’il etoit fol, parce qu’il entendoit une voix à l’oreille, qui criait: vengeance! moi j’en ai eu une, qui ne m’a pas laissé dormir, je vous le dirai déjà en tout, car ma folie est de vous aimer, je ne serai guère avant 10 h. chés vous, pour le diner ordonnés ce que vous souhait(t)erés et où vous souhai(t)térés. Adieu, je vous embrasse. XI. 20. Je vous prie de me faire dire, dés que vous voulés m’avoir, je suis à vos ordres dés ce moment-cy, si vous voulés. ce n’est meme que crainte de vous incommoder, que je ne suis pas encore chés vous, au reste je n’ai rien à faire chés moi et je monterais tout de suite, si vous voulés. je vous baise en attendant. XI. 21. Je vous aime, divinité, qui faites la suite de la jalousie, c’est dommage, que vous ne chantiés pas du françois, sans quoi je vous ferais faire un role dans quelque operas, cela vous iroit à merveille, je vous aime pourtant et je suis cependant dans l’incertitude, si je ne devrois pas vous nommer Venus, vous en avés quelque fois mal à propos la douceur, la jalousie s’en mele, décidés, à laquelle voulés vous en tenir, mais si vous voulés m’en croire, laissés leur se disputer la gloire de vous posséder et venés vous rendre aux attraits de la seule divinité, que je reconnois: à la douce indifference1), qui fait le bonheur et le vrai bonheur de la vie. XI. 22. J’espere, que vous ne me croyés pas morte, chere Soeur, vous auriés grand tort, car je me porte à merveille: je ne me suis pas trouvée mal à la Messe, comme vous l’avés cru. mais comme j’y ai senti une disposition, je me suis assise pour l’empecher de venir, adieu, je vous mande ceci pour ma justification, afin que vous ne me croyés pas coupable, si jamais je viens à mourir d’un évanouissement, qui y auroit été le premier acheminement, je vous embrasse. [Dezember 1762] VI. 1. Bonjour, chere Soeur. Comment aves vous dormi? Comment vous portes vous? Pour moi, quoique je n’ai fait que penser toutes sortes de fol(l)ies la nuit pour tâcher de dormir, je n’ai pas mieux réussie que les precedentes. Vous croirés, que c’est ma faute, je puis vous assurer, que non, car au contraire, je me suis 1 ) Im Eingang seines Exercitienbüchleins empfiehlt Ignaz von Loyala die „indifferentia“ gegenüber allen geschaffenen Dingen. S. Isabellas Aufsatz „Le vrai philosophe“.