Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs 12. (1959)
HRAZKY, Josef: Die Persönlichkeit der Infantin Isabella von Parma
224 Josef Hrazky je vous aime à l’adoration et mon bonheur est de vous aimer et d’etre assurée de vous, c’est le plus grand contentement que je puisse avoir, ma félicité depend de vous, c’est vous, qui la faites, vous scavés aussi, que je vous persecute sans cesse, mais c’est parceque je vous aime, votre perfection est tout ce que je souhaite, nous ne nous revoirons peutetre plus, nous ne serons peut-etre plus ensemble, ces momens ont été trop doux pour que je puise me flatter de les voir revenir, il ne vous manquera jamais rien, tant que vous aurés la Wasqués. elle est à meme de vous dire vos vérités et de vous faire retirer un avantage de la confiance, que vous avés en elle, votre amitié pour moi est une superfluité, qui, si elle est chere à votre coeur, ne vous est pas si necessaire, le bon Dieu sçait ce qu’il fera: peut-etre serons nous séparées, peut-etre la mort terminera une vie, qui ne m’est chere que parce qu’elle vous est consacrée, ce que je puis vous dire, c’est que l’Imp. elle meme commence à etre contente de votre conduite envers ma S. M. A. ') continués de meme, car je crains, que l’arrivée de la Salmur* 2 *) ne vous fasse quelque petit mouvement indu, mais surtout souvenés vous toutjours, je vous prie, de ne pas juger des pensées des gens, car vous vous y tromperés souvent, vous férés des VIII. 35 a. jugemens mauvaises sans fin et dans le fond c’est contraire à tout le christianisme. vous avés beau prêcher de votre devotion, il n’y a point, quand la conduite n’y répond pas et si ce n’est pas amour pour Dieu, du moins pour moi. songés y: il ne s’agit pas de prier, faites vos devoirs, voila la vrai dévotion.*) si vous vous y accoutumés, vous deviendrés maitresse de vos premiers mouvemens et meme pour le monde cela est necessaire. De plus ne raccontés jamais ce qui peut vous fâcher, au moins que vous ne soyés sure de votre sangfroid et ne parlés pas de toutes les idées, que vous vous formés sur votre prochain, croyés, que c’est plus de consequence que vous ne croyés pour votre ame. chassés-en la pensée comme mauvaise, car quoique ce ne soit qu’à nous à qui vous le disiés, c’est toutjours vous en occuper, ce qui est blamable, pardon, mais à quoi servirait de nous etre aimées en ce monde, si nous durions etre séparées toute une eternité? et d’ailleurs je vous suis peut-etre un objet de péché leger à la vérité, je m’en flatte du moins, pour que je tache de le reparer par mes discours, adieu, je vous embrasse. VIII. 30. Bonjour, chere Soeur, comment vous portés vous à votre reveil? la rougeole se montre-t-elle? a-t-elle envie de sortir? pour moi j’ai fort bien dormis et me porte très bien, j’ai avalé ma drogue, qui est ab(b)ominable. je suis au désespoir de n’en pouvoir pas faire gout(t)er à la Goës(s) 4). elle a le gout d’encre, elle est très amere et est si astre(e)ingente, qu’a peine peut on en avaler 2 cullierées. Comme il fait très beau, j’irai me promener à Schönbrun [n] toute seule avec la Erdödy pour chasser mon chagrin ou tacher du moins de le charmer. si vous ordonnés, je vous envoyerai en revenant le plan de vos chambres et un compte très exacte, je peindroi, je crois, le reste du tems. Adieu, cher Coeur, reste 20 jours encore de tourment, un étant passé, je vous baise pour me consoler sans discontinuer jamais en idée, mais cela ne vaut pourtant pas >) Soeur Marie Anne. 2) Salmour, Gräfin Helene Isabella, Obersthofmeisterin bei Erzherzogin Marianne. S. u. Billet VIII. 6. s) Im Original nicht hervorgehoben. 4) Maria Anna Gräfin Goës, „Kammerfräule“ der Erzh. Marie Christine.