Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs 12. (1959)
HRAZKY, Josef: Die Persönlichkeit der Infantin Isabella von Parma
Die Persönlichkeit der Infantin Isabella von Parma 223 à mon ordinaire à tous momens à vos pieds, puissiés vous sentir tout le prix du sacrifice, que je vous faisois par mon silence! puissiés vous sentir, combien la force de mon amitié a d’empire sur mon coeur! puisque je ne puis me priver de la douceur de vous en donner des assurances, je ne vous en dirai pas d’avantage pour ne pas fatiguer votre tete, qui est malade, ce qui pourroit en augmenter le mal et puis j’en serois la cause, vous sentés, que je m’en pendrois. Adieu donc, portés vous bien et priés pour qu’il fasse beau, si vous voulés me posséder, je vous baise tout ce que vous laissés baiser. Admirés, quelle douceur malgré toutes les inquiétudes, que l’aimable médecin, qui vous a veillée, a causé à mon amour. XI. 10. Me revoici encore, chere Laurette, aux pieds de ce que j’adore, quoique trop convaincue de son infidélité, peut on naître hélas aussi malheureuse que je le suis? lorsque ce matin je me flattois d’une vaine esperance, que mon coeur s’en repandroit avec joie, je vous vois de nouveau dans les bras de ma rivale 1 ), préférant le plaisir d’entendre decider sur les hommes, sur les astres1 2) à celui de lire dans une ame, qui brûle pour vous des feux les plus beaux, les sentimens de l’amitié la plus pure........troublés mich nicht ____je ne sçai p lus, où j’en suis de mes beaux complimens, parceque on m’a interompu pour ma maudite table, n’allés pas prendre le mot de complimens dans le sens, qu’on le prend au parterre, quand on est en public, vous sçavés bien, que c’est me faire tort, mais pour reprendre le fil de mon discours, je vous XI. 10 a. dirai donc, que je suis au desespoir de vous voir chés d’autres gens que chés moi. ce n’est pas jalousie, j’en suis bien éloignée, ce sentiment m’est meme trop odieux, mais puis-je vous voir, sans me pendre, avec un amant3), auquel vous daignâtes le preferer non par une fois, mais cent; un amant, qui ne connoit pas tout le prix de ce qu’il possédé, au moment, où Zerbin, seul auprès de sa table, se casse la tete à faire des inventions nouvelles pour tendre du velin, qui peut-etre sera employé pour vous, à imaginer des ressorts pour faciliter une peinture, à laquelle vous excellés si bien, encore une fois la tete me tourne, je ne sçai, si c’est folie, humeur, invocation, gayeté, mais ce qui est de sure, c’est que folle ou sage, malade ou bien portante, occupée ou oisive, paresseuse ou active, devote ou distraite, reveuse ou enjouée, parlante ou taciturne je suis toutjours la meme, quand il s’agit de vous. Adieu! Si vous voulés vous debarasser de mon importune rivale4), dites lui, l’Archiduc est parti, XI. 10 b. qu’il faut darum, que vous veniés me voir, ce seul mot „darum“ prononcé avec les graces, que vous me connoissés, l’enchantera si fort, qu’elle se croira trop heureuse de vous laisser aller chés la Schwester bähr. VIII. 35. Je n’ai ni voulu ni pu, chere Soeur, prendre congé de vous l’autre jour, crainte de vous attendrir, je le fais donc aujourd’hui, parceque j’imagine, que vous sçaurés prendre un tems, qui ne vous sera pas incom[m]ode pour lire ce billet. 1 ) Die Kaiserin. 2) Schicksale. 3) Wahrscheinlich Prinz Albert. 4) Vielleicht Erzh. Marianne.