Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs 12. (1959)

HRAZKY, Josef: Die Persönlichkeit der Infantin Isabella von Parma

Die Persönlichkeit der Infantin Isabella von Parma 221 A propos, je vous ai envoyé des pêches, mais ne croyés pas, que ce soit pour tacher de vous adoucir, je ne vous connois pas de sentimens aussi bas, et les miens en sont trop éloignés, non, mein Engel, ce n’est que par mes sentimens que je prétend [s] vous ramener. VI. 13. J’étoi[s] venue chéz vous, chere Soeur, avec une grande precipitation pour pro­fiter d’un moment, que nous aurions peut-etre eu. mais pas assés cruelle de me refuser des vos cheveux, vous voulés encore m’accabler en ne vous laissant pas voir par ceux, qui vous adorent, adieu, quelqu’inhumaine que vous soyés, il faut pourtant vous aimer. IX. 12. Vous croyés, beauté inhumaine, que rien n’est si facile que d’ecrire et qu’il n’y a qu’à prendre la plume en main, pour que les pensées viennent, rien cepen­dant n’est plus difficile que devoir dire quelque chose, quand on n’a rien en tete. il le seroit déjà de repeter avec un tour nouveau, qu’on vous adore, mais toutjours dire des folies, toutjours amuser est impossible, surtout à une tete noire, quand je vous vois, je ne pense qu’à mon amitié, il faut, que j’aille rechercher dans le fond de mon magazin des pensées vieilles ou nouvelles, qu’il faut encore habiller drôlement, quelque diable que je sois, je n’ai pas ce talent, et vous voulés pourtant, qu’on vous obéisse sans réfléchir, sans prendre haleine, allons, je vais tachér de débrouiller toute ma bibliothèque, elle est sens dessus dessous, et si vous voulés en un mot sçavoir ce qu’est ma tete, je puis la définir un galimatias de folies et des avis de méchanceté et de raison, connoissiés vous la confusion, qui regne dans un certain tiroir, qui habite ches moi, IX. 12 a. où l’on trouve ensemble et sans aucune rime ni raison un écrit politique, un tas de lettres, un opéra comique, un vaudeville, un trait d’éducation, une partie de clavecin, des reflections morales, un sermon joint un traité des toutes les déraisons, des prières melées dans du papier consacré à vous declarer mon amour, des billets de l’Imp. confondues entre les lettres de cent personnes, qui me sont indifferentes, ces billets, qui me sont si chers et font la douceur de ma vie. voila le tableau, que vous offre ma tete: de la philosophie, de la morale, des contes, des meditations, des chansons, de l’histoire, de la phisique, de la logique, de la met(h)aphisique, des transports pour vous, enfin on la peut nom­mer le magazin le plus complet du desordre et de la raison, magazin que vous pretendés, que je débrouillé en un instant ce que j’ai amassée pendant 20 ans et que malgré mes soins je n’ai pu mettre en ordre. Adieu, voila ma lettre remplie et le Diable n’est pas assés Diable pour grandir le papier et pour venir à bout de ce que vous desiriés. je vous embrasse pour la conclusion de toutes mes forces. VIII. 8. Bonjour, chere Soeur, comment vous va? pour moi je ne puis presque me remuer, tous les os me font mal depuis la nuque du col jusqu’au croupion1) et toutes les cotes et la poitrine, cela a furieusement l’air d’un rhumatisme, enfin si vous restés au logis, je tacherai de me trainer chés vous, si non, faites pas de folie. Adieu, je ne puis écrire plus longuement, je vous baise. î) Symptome einer Spondylarthrose.

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