Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs 12. (1959)
HRAZKY, Josef: Die Persönlichkeit der Infantin Isabella von Parma
Die Persönlichkeit der Infantin Isabella von Parma 219 vous en avés conçue et vous n’en revenés pas facilement; vous aimés à tourmenter, mais des que vous etes venue à votre but d’avoir fâché les gens, vous etes desolée d’avoir réussi. Permettés moi de vous dire, que ce grand désir, que vous témoignés pour la mort, est un sentiment déplacé, car ou c’est l’amour propre ou l’envie de paraître heroique. car ce seroit une chose, que dementiroit votre las coeur, si c’etoit pour affliger des gens, qui vous sont si tendrement attachés, que vous leurs tenés de tels discours, cette idée devroit bien plutôt vous humilier, car c’est lassitude de vivre et de souffrir ce que Dieu a(t) envoyé et rien d’autre, qui vous fait penser ainsi, cela vient de l’amour propre, car quoique vous dites n’en point avoir, vous ne le dites qu’en badinant, mais aussi jamais amour propre VI. 36. a ne fut mieux placé, car vous ne pouvés jamais trouver quelqu’un de plus aimable que vous meme, voila en bien et en mal ce que je pense de vous, pour ce que je sen(t)s, vous le sçavés sans cela, ma tendresse, ma reconoissance, mon amitié et mon estime étant pour vous sans bornes, je n’aurois pas pu vous donner de plus grandes marques de mon entier dévouement que d’avoir écrit ceci, qui a tant coûté à mon amour propre, car vous sçavés, que rien ne m’est plus dure, que de devoir m’humilier moi-meme, c’est une chose, que vous avés oublié de met[t]re dans mon portrait, recevés le votre d’une personne bien inferieure en esprit et en extérieur, mais qui est egal en tendre amitié. VIII. 27. Bonjour, adorable Soeur, vous me faites tourner la tete; l’amour propre est pourtant un étrange mal, parceque j’imagine, que peut-etre vous m’aurés déjà lue ou me lirés bientôt. Je suis dans l’état le plus violent, la sueur me coule sur le front, je suis sans haleine par la défait(t)e inquiet(t)e. je n’ai pu endormir de toute la nuit, par charité dit(t)es moi, que je suis un ane, si vous ne pouvés mieux, mais décidés mon sort, n’allés pourtant pas m’appliquer, ce qui fut dit de Boileau: Boileau nous dit dans son écrit, Qu’il n’est pas né pour l’eloquence. Il ne dit pas ce qu’il pense. Mais je pense ce qu’il en dit. VIII. 28. Bonjour, chere Soeur, vous êtes en vérité charmante de m’avoir écrit encore hier au soir, pour moi j’ai fort bien fait de me sçauver de chés vous, car si je n’avois pas été au logis, lorsque l’Emp. est revuene, je n’aurois pas vu l’Archiduc jusqu’au cercle; grondés, je vous prie, un peu la Wasques de ma part de ses „nichts, nichts, garnichts“ et baisés la en punition au moins une demie douzaine de fois. Je me suis acquitée de vos commissions pour l’Imp., qui m’a répondu avec un air méchant, mais méchant de bonne humeur: „je l’envoyerai chercher, elle n’est donc pas mélancolique?“ Il faut, que je vous conte le beau tour, que j’ai joué à ma Soeur M. A., elle etoit au cercle dans un coin avec l’Imp. parceque elle l’étoit assise, mon frere Leopold à coté, mais un peu plus loin, ma Soeur M. A. faisoit des visages misterieux, en parlant comme la pluie et du beau tems, je crois du moins au visage de l’Imp., je me suis approché et elle m’a fait assoir à coté d’elle pour