Hajnal István: A Kossuth-emigráció Törökországban, I. kötet (Budapest, 1927)

IRATOK

triomphe, que la Russie aura encore célébré! Et la Sublime Porte aprés sa noble conduite envers les deux puissances ä notre égard nous abandonnerait ä un sort mille fois pire, que celui dont l'Autricbe nous menacait. II vaux mille fois mieux étre parmi les morts que •d'etre dans des contrées lointaines, désillusionné et privé d'espoir, une vie miserable sans avenir et sans jouissance. Sa Majesté le Padicbab s'abaisserait eile jusqu'ä servir de geolier aux deux puissances qui ont insulté sa dignité et écra­serait Elle de son propre pied, des plus fidéles adherents lies ä lui par mille liens de reconnaissance et d'espoir. Ce nous semble impossible. Mais que Votre Altesse nous permette de lui declarer nettement et sans réserve les sentiments, que l'Emigration Hon­groise partagera unaniment, des qu'elle fut informé de ce qui la menace, veuillez savoir qu'elle considérerait cet arret comme pis •qu'un arret de mort ou d'extradition, qu'elle considérerait ;que le droit des peuples ne donne pas mérne a celui qui exerce I'hospi­talité aussi magnanimement que Sa Majesté le Sultan le droit de disposer ainsi de nombre de malheureux, qui ont cherché refuge chez lui. Que Sa, Majesté nous prive de ses bienfaits, qu'il nous chasse de ses Etats, ä la bonheur, mais qu'il ne détruise point notre existence physique et morale, ä nous individus, ainsi que le dernier espoir de notre patrie, qui se fonde en ce que quel­qu'un de nous pourons encore faire pour elle. Veuillez savoir que pour beaucoup de nous le voyage, cet éloignement de la patrie, le congé éternél de tout ce que nous est eher, e'est la maladie, e'est la mort pour tout, la misére la plus grande. Veuillez entendre finalement notre declaration unanime et e'est que si cette mesure se trouvait étre arrétée veritable, nous protestons contre comme un acte injuste et fondé sur aucun droit, en tant que venant d'un prince dont nous ne fumes point sujets, que nous ne blessämes en rien et qui pronon^a en plusieurs reprises qu'il nous considérait comme ses hötes et que dut elle étre execute, aucun de nous ne partira de bon gré et que finalement, ce ne sera qu'ä vive force qu'on nous amenera la ou il piaira ä Sa Majesté de fixer le lieu, de ce que nous considérons notre prison et une prison plus dure et plus cruelle que celle que TAutriche aurait pu nous infiiger. Les hautes vues politiques et la noblesse de coeur de Votre Altesse sont trop connus, pour que nous n'espérions pas que, quelconque fut l'état des choses, Vous ne prétiez quelque attention ä ce que nous venons de Vous sou­mettre. Vous ne pouvez vouloir l'abaissement de la Sublime Porte, ni en mérne temps, que le déséspoir de quelque malheureux. Veuillez vous occuper un moment de cette question en tout son ensemble et nous ne doutons pas que vous trouverez moyen -d'arréter l'exécution de cet arret. C'est done en plein confianee dans Votre sagesse et le magna­Hajnal István: Kossuth-emigráció. I. 35

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