Nyulásziné Straub Éva: A Kossuth-emigráció olaszországi kapcsolatai 1849–1866 (Magyar Országos Levéltár kiadványai, II. Forráskiadványok 34. Budapest, 1999)
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en 1848, trouver tout ce qu'il y avait de plus puissant au monde: un Roi et un Pape: Charles-Albert et Pie LX. On n'a réussi qu'á perdre la plus belle cause de l'Europe. Ne croyez rien quand on vous dit que c'est l'agitation du parti républicain qui a tout perdu. C'est une vieille calomnie, qui a été cent fois victorieusement réfutée et qui n'est plus répétée que par quelques agents du Piemont monarchique. Le parti républicain s'effaca en 1848: il ne songea qu'á la guerre; il ne conseilla que la guerre. Seulement il ne futjamais écouté; et il prévit la défaite. Ce ne fut qu'aprés la chüte des armes royales qu'il releva le drapeau et qu'il sauva l'honneur italien á Venise et á Rome. Nous avons en Italie cinq ou six gouvernements royaux. Ils s'excluent et se craignent l'un l'autre. Une ligue entre tous ces rois pour la guerre italienne, est une impossibilité. II n'y en a pas un seul qui puisse par le génié ou par la puissance se substituer á tous. Une guerre Nationale sous le drapeau royal est donc impossible. Par sa proximité avec la Lombardié, le Piemont parait appelé á jouer le rőle de chef de la croisade. Mais, á cause mérne de cetté proximité et á cause des projets connus du Gouvernement royal de Savoie, tous les autres princes savent que la Lombardié lui tomberait en partage. Des lors, tout équilibre serait rompu. Ils sont donc nécessairement les ennemis de toute guerre qui serait conduite exclusivement par lui. C'est ce qui arriva en 1848. La déclaration de la pensée dynastique du roi de Piemont détacha tous les autres; et changea la guerre nationale en une guerre Sarde. Le mérne sentiment refroidit l'enthousiasme des populations. Le Napolitain, le Toscan veulent bien se soumettre á notre principe de la Constituante: il ne blesse personne. Ils ne se soumettront pas á un homme piémontais ou autre. II faudrait pour cela que ce fut un Napóleon. II n'y en a pas. II y a autre chose. La royauté n'est pas seulement un nom, une forme: elle est une méthode: elle entraine aprés soi une foule de conséquences, toutes fatales á l'insurrection nationale: défiance de l'élément populaire; antipathie pour les volontaires, diplomatie, etc. On ne voulut pas du peuple qui avait balayé le sol en 1848: on refusa les volontaires, on ne voulut pas agir sur Trieste ni en Tyrol, de peur de mécontenter la Confédération Germanique etc. On ne voulut, on ne voudra jamais que l'armée. Or, l'armée piémontaise ne suffit pas. Elle renferme d'excellents matériaux; mais elle n'a rien pour le diriger. Les généraux sont mauvais; l'État Major Général est mauvais. La camarilla jésuitique et autrichienne pláne au dessus d'elle. La direction royale la tue. Elle a été défaite deux fois: elle lá serait une troisiéme fois, si elle rentrait en ligne sans étre transformée, refondue, et dirigée par un principe qui la ferait fraterniser avec toutes les forces vivantes du pays. Le Gouvernement piémontais le sait fort bien; comme il le savait vers la moitié de la campagne de 1848. II ne chercha alors qu'á établir par ce qu'il appela la fusion qu'un précédent diplomatique, Aujourd'hui, il ne prendra jamais l'initiative de la guerre: il ne se battra que si l'insurrection conquiert,