É. Apor (ed.): Jubilee Volume of the Oriental Collection, 1951–1976. Papers Presented on the Occasion of the 25th Anniversary of the Oriental Collection of the Library of the Hungarian Academy of Sciences.
L. LIGETI: La Bibliotheque de l'Académie et les études orientales
9 Les recherches sur l'histoire, la langue et les monuments des Huns et des Avares, ainsi que sur les antécédents qui les attachent a la Haute Asie, restent pour l'avenir aussi une des principales préoccupations de nos recherches orientales, La patrie d'origine. Selon nos chroniques, elle était située dans la Scythie. Cette localisation d'origine livresque s'est avérée être historiqument nulle, mais elle est à l'origine d'un faux patriotisme "scythique" de mauvais aloi. C'est en vain qu'on a démontré, très clairement, que les Scythes étaient un peuple d'origine et de langue iranienne. Géza Nagy, l'archéologue a essayé de les présenter comme "un peuple touranien authentique" en 1905 dans son discours de réception de membre correspondant de l'Académie. Mais les recherches sur la patrie d'origine ne se donnaient pas pour but d'explorer la Scythie. Les anciennes sources historiques hongroises et étrangères parlent de deux groupes hongrois restés en Orient; l'un était celui des Savardes qui se sont établis dans "les régions persanes", et l'autre celui des Hongrois de Maior Hungaria ou Magna Hungaria. Ces fragments enthniques ont été anéantis par l'invasion des Mongols et pendant les temps qui la suivirent, et ceux qui ont survécu, se dispersèrent et furent assimilés par les peuples environnants. János Theodor Gáspár a proposé à l'Académie d'envoyer une expédition scientifique à leur recherche, mais au mémoire qu'il a présenté à ce sujet, Ferenc Toldy, secrétaire de l'Académie a répondu en 1858 que "l'Académie ne peut accorder au voyage proposé ni un soutien matériel ni un appui moral". [3] En même temps, l'Académie ne refusait pas son assistance aux chercheurs érudits qualifiés. C'est ainsi que furent envoyés en Orient Antal Reguly, József Pápay, Bernát Munkácsi, Gábor Bálint de Szentkatolna et beaucoup d'autres encore pour recueillir des matériaux linguistiques et folkloriques finno-ougriens, turco-tatares et même mongols. L'origine de la langue hongroise. On sait qu'après le dilettantisme des linguistes fantaisistes des débuts, la bataille décisive se livra entre deux membres de grande autorité de l'Académie: József Budenz et Ármin Vámbéry. Cette guerre "turco-ougrienne" se termina par la victoire éclatante de Budenz: il s'est avéré incontestablement que la langue hongroise est d'origine finno-ougrienne et que les éléments turcs qui se trouvent dans son vocabulaire, y sont entrés comme most d'emprunt. Toutefois, la défaite de Vámbéry ne pouvait pas être considérée comme un échec: elle a donné un très grand nombre de renseignements utiles pour les recherches ultérieures sur l'histoire des rapports turco-hongrois. Mais surtout, le mérite impérissable de Vámbéry est d'avoir imprimé, à la turcologie hongroise, une impulsion et une physionomie qui continuent à agir jusqu'à nos jours. Cependant la linguistique fantaisiste ne se rendit toujours pas à l'évidence, elle a continué son chemin même à l'intérieur de l'Académie. Lajos Podhorszky par exemple, dans son discours inaugural de membre correspondant de l'Académie, (tenu 18 ans après son élection), a essayé de prouver l'origine, selon lui, chinoise de la langue hongroise. [4]