A Veszprém Megyei Múzeumok Közleményei 4. (Veszprém, 1965)

Nagybákay Péter: Veszprémi és Veszprém megyi céhkorsók

Chopes de corporation de Veszprém et du comitat de Veszprém Après avoir étudié les sceaux et les plaques de convocation des corporations de Veszprém et du comitat de Veszprém, la présente étude s'occupe de la gobeleterie de corporation, en premier lieu des chopes. La gobeleterie a joué dans les différentes ré­unions des corporations un rôle important et a servi non seulement lors des festins, mais elle devint l'in­signe de la solidarité et de l'esprit corporatif. Les changements importants dans la situation juridi­que de n'importe quel membre de la corporation furent solenellement fêtés et suivis d'un festin ou furent prononcés des toasts. Ainsi la gobeleterie a tenu une large place dans presque toutes les phases de la vie collective de la corporation. La gobeleterie du corps de métier eut une impor­tance particulière dans les sociétés dites associa­tions de jeunes gens, où — surtout en Allemagne — le vidrecome de la corporation (Willkomm) devint l'insigne des industries dites „geschenkte", munies de licences de placement et de débitant de boisson, offrant une aide et un abri aux apprentis ambu­lants. La chope signifiait par endroits, dans un sens figuré, l'association de jeunes gens elle-même, et un statut de plusieurs points (Krugordnung) a réglé les réunions de l'association. La reine Marie-Thérèse a interdit les festins des corporations, mais cette interdiction ne dut pas avoir un grand effet, du moins c'est à ceci que per­mettent de conclure les nombreuses chopes de cor­poration confectionnées dans le comitat de Veszprém dans la seconde moitié du XVIII e siècle. Parmi les chopes représentatives, richement or­nées, ne servant pas directement à boire, les chopes de métal (étain) furent utilisées en Hongrie pour la plupart par les corporations aisées d'un carac­tère allemand des villes plus grandes, et les chopes de faïnce à vernis stannifère ou plombeux surtout par les corporations des bourgades et des villages hongrois et de nationalité slovaque. Les chopes de corporation polychromes, à vernis stanniféres di­tes „habanes" ou „anabaptistes", étaient répan­dues, dès le XVII e siècle, dans la Haute Hongrie, et la patrie des chopes de corporation à vernis plom­beux vert et à inscriptions incisées et à reliefs, était la Transdanubie, plus exactement les comi­tate de Veszprém, et les territoires des comitats voisins de Zala, de Somogy et de Fejér. Dans les comitats de la Hongrie historique (Sopron, Vas, Burgenland) elles étaient également diffusées, mais même les chopes à inscription allemandes furent elles aussi toutes confectionnées en Hongrie. On ne connaît ni en Styrie, dans la Basse Autriche et dans la Moravie, attenantes, ni en Silésie et en Bohème, des chopes d'un type analogue. Leur origine et leur diffusion sont sans doute dues au fait que l'arti­sanat de la Transdanubie affranchie de l'occupa­tion turque et recommançant à organiser leurs cor­porations, ne purent, au début du XVIII e siècle, pas se procurer de la gobeleterie de métal pré­cieux ou d'étain, plus coûteuse, et durent se con­tenter des productions décoratives des potiers lo­caux, des chopes de faïence à vernis plombeux vert, ornées de reliefs. Du comitat de Veszprém il ne subsiste en tout que cinq chopes de métal. Par contre, on connaît 90 chopes à vernis vert ornées de reliefs qui furent fabriquées entre 1721 et 1896. L'évolution de la forme et de l'embouchure des chopes est présentée sur les fig. 58 — 62. Les chopes sont en général hautes de 35—40 cm, et leur con­tenu correspond environ à 10 à 14 litres. L'étude publie les photographies de 57 chopes de corpora­tion du comitat de Veszprém. Les deux techniques principales selon lesquelles les chopes étaient décorées sont l'incision et le re­lief. Leurs éléments décoratifs sont les cadres d'em­blèmes cordiformes ou en forme de couronne, par­mi lesquels on rencontre aussi des formes d'écus­son ou de cartouche. Des éléments décoratifs fré­quents sont les animaux héraldiques : l'aigle à deux têtes, l'insigne du privuège impérial, deux lions cabrés qui tiennent l'écusson du corps de métier, les motifs caractéristiques de l'héraldique imitant 201

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