Romer Floris: Compte-rendu (Budapest, 1878)

1 - III. LES FOSSÉS DU DIABLE EN HONGRIE

56 Les fossés du diable e?i Hongrie. du fils du roi; il le considère simplement comme ayant dû servir de défense à la province comprise dans les retranchements. Sans citer les sources auxquelles il a puisé, il raconte qu'en 718, le roi de Pannonié, Seita, a fait res­taurer le fossé qui existait avant Atila. Ce sont, dit-il, plusieurs peuples différents qui ont creusé ces fossés, plus profonds alors que ne le sont aujourd'hui ceux d'une ville fortifiée; ils étaient bordés, au faîte, d'arbustes for­mant haies, dont les racines en empêchant les ébou­lements de terre, contribuaient à la conservation des talus des deux cotés. Il y avait aussi des portes confiées à des gardiens. Nous savons que, même encore de nos jours, les vil­lages de la partie méridionale de notre pays sont entourés de haies, avec des portes que des jeunes gens ouvrent, moyennant un pour-boire, aux voyageurs en voiture. Mais ce fossé n'est pas le seul; il y en a entre la Tisza et le Danube plusieurs autres qui sont encore visibles aujourd'hui, quoique presque entièrement comblés par le temps. Ce ne sont pas décidément les Hongrois qui en ont fait usage pour leur défense, mais plutôt les peuples qui habitaient ce pays avant eux. 11 est vraiment surprenant que nos historiens, pas plus que nos antiquaires, ne se soient donné la peine d'éclaircir une question si importante pour l'histoire des peuples qui ont occupé ce pays; cette question eût été beaucoup plus facile à résoudre, lorsque les monuments se trouvaient dans un meilleur état de conservation ; mais comme on ne s'occupait alors d'autres antiquités que de celles des Romains, elle a été reléguée jusqu'à nos jours. KATONA (História critica ducum Hungáriáé, p. 197) A ' ne connaît que le grand fossé d' Árok-Szállás qui va jusqu à la Tisza et qu'il attribue au Curz = Tsürsz , fils du Cadu;

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